Charles Tessier – Quand le Flambeau du Monde

Le Poème Harmonique, dir. Vincent Dumestre

Quand le flambeau du monde

Quitte l’autre séjour,

Et sort du sein de l’onde

Pour rallumer le jour,

Pressé de la douleur qui trouble mon repos,

Devers lui je m’adresse, et lui tiens ce propos :

Bel astre favorable

Qui luis également,

A chacun raisonnable

Fors qu’à moi seulement,

Astre qui fait tout voir, et qui vois tout aussi

Vis-tu jamais mortel si comblé de souci ?

Depuis que ta lumière

Vient redonner aux cieux

La clarté coutumière

Si délectable aux yeux,

Jusqu’au soir qu’elle va dans les eaux se perdant,

Mon soleil est toujours au point de l’Occident.

Et puis quand la nuit sombre

Vient au lieu du soleil,

Et cache sous son ombre

L’horreur et le sommeil,

Joignant les mains ensemble et levant les deux yeux,

J’adresse ma parole aux étoiles des cieux :

Astres pleins d’influence,

Aux mortels gracieux,

Qui guidez l’existence

Et laissez jusqu’aux cieux

Et ramenez la nuit dont la brune couleur

Me semble conspirer avecques ma douleur.

Sur un poème de Jacques Davy du Perron (1555-1618)

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