Voici quelques images de mon premier périple autour de Taïwan.

  • 烏來溫泉 Les sources chaudes de Wulai 

Le cadre se prêtait tout à fait à un premier chapitre de polar : végétation luxuriante, temps grisâtre et un peu froid, vapeur d’eau sortant des bains… Au milieu des volutes, des fantômes rouges comme des écrevisses émergent, on perçoit les commentaires des joueurs de cartes, la respiration haletante de ceux qui passent sans transition de 45 à 12° et l’eau qui sent le souffre. On se sent un peu ailleurs le temps d’un après-midi, sans montre dans l’espace où le temps s’arrête et où l’on ne pense plus qu’à rêvasser et à se laisser bercer par les remous.

Les bains de Wulai sont une destination très prisée. Si j’en crois le National Geographics et son rédacteur, ils ont été créés par les japonais lors de leur passage à Taïwan et constituaient un lieu de choix pour les soldats en permission… ou les futurs pilotes-kamikazes. La guerre terminée et les japonais partis, les établissements de bains sont restés et font la joie des taïwanais qui y passent des heures.

  • 臺灣餐廳 Une cantine taïwanaise

Les taïwanais ont vis à vis de la nourriture la même relation compulsive que les français. D’ailleurs, ici comme en Chine, 你吃飯了嗎 nǐ chīfàn le ma, as-tu mangé ? vaut souvent le “comment vas-tu” français. Le ventre affamé pourra ainsi à toute heure du jour (et de la nuit) trouver de quoi le rassasier dans les multiples restaurants qui se succèdent dans les rues. C’est d’ailleurs quelque chose qui surprend toujours les étrangers : comment se fait-il que les restaurants soient toujours pleins ?

Un jour, je vous ferai un détail des plats les plus courants, ce qui représente un travail titanesque. Le riz et les nouilles sont considérés comme un plat de base, comme les raviolis, et sont préparés à toutes les sauces. Selon les saisons, où les fêtes de l’année, on peut consommer certains plats, réputés pour leur effet bénéfique sur la santé, manger un 火鍋 huǒguō, sorte de fondue chinoise, ou un 烤肉 kǎoròu, un barbecue…

Le restaurant ici présenté, dont je vous communiquerai l’adresse une fois que j’aurai remis la main sur la 名片 míngpiàn, la carte de visite présentait une carte variée et ne démentait pas sa réputation. Fruits de mer, tofu, bœuf, poulet, légumes délicatement cuisinés…

Si vous voulez avoir un aperçu de ce que peut donner la diversité de la nourriture chinoise (à la première place mondiale en nombre de plats cuisinés devant la cuisine française), il vous faut absolument regarder le film de Ang Lee, Salé-Sucré qui montre à raison et à grand renfort d’images (je me souviens de la préparation d’un canard filmé en plan serré qui m’a laissé dans l’esprit des images indélébiles) la place de la nourriture dans les relations humaines. En bon français qui aime passer des heures à table, je ne pouvais qu’acquiescer.

  • 國立故宮博物館 Le Musée National du Palais

Après la chute de l’empire mandchou, le nouveau pouvoir en place a entrepris de dresser un catalogue de toutes les merveilles accumulées depuis des siècles par les empereurs dans la Cité Interdite. Selon les aléas de l’Histoire, les collections ont été déplacées à Nankin, puis dans le Sud de la Chine et ont finalement été transportées à Taïwan par le gouvernement du 國民黨 guómíndǎng lors de sa fuite à Taïwan.

Le 故宮 gùgōng est donc une étape indispensable pour tout mortel un tant soit peu intéressé par le monde chinois et mérite que l’on passe au moins cinq heures au milieu des objets en jade du néolithique, les bronzes des dynasties 商 Shāng et 周 Zhōu, les calligraphies des 唐 Táng de l’époque 宋 Sòng les fameux vases 明 Míng et les ivoires délicats des 清 Qīng.

Que ceux qui ne se seraient pas assez régalés se rassurent, il y a encore sous le musée près de 35km de galeries remplies de merveilles qui sortent de temps en temps à l’occasion d’expositions temporaires. J’aurais pour ma part aimé voir plus de peintures, notamment celles de 石濤,Shítāo que j’aime beaucoup, mais elles n’apparaissent jamais longtemps pour des raisons de conservation.

Ce musée est l’une de mes destinations favorites. Gigantesque bâtisse creusée dans la montagne, je rêverais de pouvoir en parcourir les galeries souterraines et de me remplir les yeux de ce que la Chine a produit de plus beau au cours des siècles.

  • 龍山寺 Le temple de Longshan (la montagne du dragon)

Un des plus gros temples de Taipei, célèbre par le grand raffinement de ses décorations, sa toiture à multiples auvents. Les taïwanais viennent apporter de multiples offrandes à 觀音 Guānyīn, la déesse de la miséricorde et 媽祖 Māzǔ, la déesse taoïste de la mer. Lors des grandes fêtes, de nombreuses personnes affluent pour faire leurs 拜拜 bàibài, rendre hommage aux multiples dieux, ou individus déifiés présents dans les temples, tirer leur horoscope selon les méthodes de divination chinoises. Je suis loin de comprendre tout cela, c’est pour cela que je ne vous livre pour le moment qu’un exposé succint en attendant que les ténèbres se soient un peu dissipées. Les spiritualités chinoises étant souvent syncrétistes, il est assez difficile de démêler ce qui appartient au taoïsme, au bouddhisme, ou relève du confucianisme !

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