慶祝過年 qìngzhù guònián – Les fêtes du Nouvel-An

Le Nouvel-an est la plus importante des fêtes chinoises puisqu’elle marque le premier jour du premier mois lunaire. A cette occasion, tout le monde ou presque est en congé et afflue vers le sud du pays pour retrouver sa famille, ses parents, ses enfants et célébrer dignement le passage d’un animal à l’autre.
Selon le calendrier chinois, chaque année porte en effet le nom d’un animal, dont le cycle a été défini voici des siècles par les astrologues chinois qui avaient en leur temps une avance de plusieurs siècles sur l’Occident en matière d’observation des étoiles. Cette année, nous passons dans l’année du lapin, plus connu en France sous forme de civet, et réputé dans le monde chinois pour son calme, son raffinement intellectuel son empathie et sa fragilité qui en font une petite bête ma foi très sympathique.

La veille du Nouvel-An, la ville retentit de coups de pétards lancés par les enfants, et les familles se rassemblent. La tradition veut que l’on offre une enveloppe rouge (紅包 hóngbāo) contenant un peu d’argent, ou deux pièces de dix kuai en symbole de prospérité et que l’on se réunisse, autour d’une table mais sans doute l’aurez vous deviné. J’ai eu la chance de passer les fêtes du Nouvel-An dans une atmosphère familiale et très chaleureuse, chez une amie taïwanaise. Loin des siens, ça a été une grande source de joie que de retrouver une ambiance familiale pour quelques jours. À cette occasion, j’ai appris à taper le Mah-Jong, l’un des jeux les plus célèbres d’Asie qui peut vous tenir éveillé des nuits entières et essayé de comprendre certaines de ses nombreuses règles, un prochain sujet d’article sûrement.

La période du Nouvel-an prend fin à la fête des lanternes (元宵节 yuánxiāojié), célébrée hier. Fête très importante dans le calendrier chinois, elle est aussi appelée “petit nouvel an” (小過年 xiǎoguònián). À l’origine du monde, lorsque le mythe se confondait avec la légende, un dieu particulièrement peau de vache menaça d’incendier la capitale le 15ème jour du 1er mois lunaire. Un petit type malin eut alors l’idée de faire sortir les gens dans la rue une lanterne rouge à la main et d’en accrocher aux portes des maisons afin que le dieu, trompé, rentre dans sa tanière satisfait. Un autre récit, témoignant du côté profondément romantique de l’âme chinoise, dit que cette menace fut inventée par un conseiller impérial afin de permettre à une servante du palais de pouvoir sortir du palais pour un soir retrouver sa famille.

Hier soir à Hualien, familles, jeunes et moins jeunes se pressaient sur le rivage pour lancer vers le ciel comme des montgolfières, de jolies lanternes de papier rouge sur lesquelles étaient inscrits les vœux pour la nouvelle année, vœux d’amour, de joie, de réussite financière et scolaire.

Dans quelques jours, c’est la rentrée des classes. Les étudiants après cinq semaines de vacances, vont reprendre le chemin de l’université, et rallier nos classes de français où nous accueillerons ce semestre 45 petits nouveaux, intéressés par la langue de Molière ! Au programme, un groupe de discussion franco-taïwanais, de nouvelles méthodes d’enseignement et un semestre de folie à Hualien, ville dont je découvre au hasard des rues les richesses cachées.

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