原住民 yuánzhùmín – Aborigènes

Des trois caractères 原 yuán, désignant l’origine ; 住 zhù, habiter, résider et 民 mín, le peuple, le citoyen. C’est le terme entré en vigueur depuis 1994 à la suite d’un amendement constitutionnel.

La plus vieille trace d’occupation humaine à Taïwan est attestée par l’homme de Zhuozhen datée de 30 000 ans avant JC. De nombreux sites archéologiques font état d’une occupation remontant à plusieurs milliers d’années (7000 avant notre ère) par des groupes austronésiens venus par vagues successives. Les diverses tribus aborigènes furent longtemps en conflit avec les diverses forces colonisatrices jusqu’à ce que les politiques du gouvernement central comme l’interdiction de pratiquer leur langue, l’obligation d’apprendre le mandarin, les déplacements de population, les mariages interculturels leurs fassent peu à peu oublier leurs cultures originelles. Aujourd’hui et ce malgré le regain de vitalité des cultures aborigènes dues aux combats sociaux menés depuis les années 80 et aux politiques de discrimination positive, de nombreux jeunes ne parlent plus que le mandarin. Ce phénomène ne concerne d’ailleurs pas uniquement les aborigènes, mais aussi les taïwanais eux-mêmes dont la langue est de moins en moins parlée.

Taïwan reconnaît officiellement 14 groupes sur son territoire : les Amis, les Bunun, les Taroko (Truku), les Atayal, les Kavalan, les Païwan les Puyuma, les Rukai, les Saisiat, les Sakizaya, les D’ao (Yami), les Thao, les Tsu et les Seedeq qualifiés par les arrivants chinois sous le nom de “barbares crus” ou de “barbares cuits” selon leur degré de sinisation ou suivant leur mode de vie, peuples des plaines ou peuples montagnards. Ces divers peuples se sont alliés entre eux selon les circonstances ou ont mené des guerres farouches. Citons les Taroko, fameux coupeurs de têtes ! Certains groupes parlent des langues proches des langues indonésiennes ou des philippines. Les personnes âgées, quant à elles, ne se comprennent entre groupes ethniques qu’avec… le japonais !

Valorisée à des fins touristiques ou instrumentalisée dans une certaine mesure par le DPP (Parti Démocrate Progressiste) pour marquer la différence entre Taïwan et la Chine populaire, la situation des aborigènes de Taïwan reste critique. L’alcoolisme et la consommation de noix d’arek font des ravages et le taux de chômage est largement supérieur à la moyenne. Main d’œuvre non qualifiée, ils subissent la rude concurrence venue des Philippines, d’Indonésie ou de Chine populaire.

J’essaierai de vous livrer au fur et à mesure de mes recherches quelques portraits des us et coutumes de certaines de ses ethnies. Si vous vous intéressez à ces cultures, vous pourrez trouver toute une littérature sur le sujet, par exemple ici, où . Pour ma part, j’ai hâte d’entendre les chants dyphoniques Bunun, semblables par certains côtés aux chants Tuva ou aux mélopées tibétaines. Un prochain voyage dans la région de Nantou s’impose !

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