Ô dive bouteille…

O Bouteille,
Plaine toute
De misteres,
D’une aureille
Je t’escoute
Ne differes,
Et le mot proferes,
Auquel pend mon cœur.
En la tant divine liqueur,
Qui est dedans tes flancs reclose,
Baccus, qui fut d’Inde vainqueur,
Tient toute vérité enclose.
Vin tant divin loin de toy est forclose
Toute mensonge, et toute tromperie.
En joye soit l’Aire de Noach close,
Lequel de toy (toi) nous fist la temperie.
Sonne le beau mot, je t’en prie,
Qui me doit oster de misere.
Ainsi ne se perde une goutte.
De toy, soit blanche ou soit vermeille.
O Bouteille
Plaine toute
De mysteres,
D’une aureille
Je t’escoute :
Ne differes.

Rabelais – Comment la Pontife Bacbuc présenta Panurge devant ladicte Bouteille (Chapitre XLIV du Cinqiesme Livre)

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