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Vie quotidienne

La nouvelle est tombée fin août : Taïwan serait devenue la destination préférée des expatriés ! Cette petite île au large de la si vaste Chine, méconnue, voire seulement connue des européens pour ses objets en plastoque « Made in Taïwan » a beaucoup changé, et souffre de son isolement sur le plan international. En conséquence, le gouvernement et la population toute entière se sont lancés dans une politique de softpower qui porte ses fruits, on ne peut que s’en réjouir.

Yangming Shan (crédits Expedia.fr)

Le fait que Taïwan soit un endroit où il fait bon vivre ne date pas de la colonisation japonaise puisque le nom « isla formosa » donné par les navigateurs portugais au XVIe siècle veut dire « île de beauté ». Il faut dire qu’elle ne vole pas son nom : des dizaines d’itinéraires à partir de Taipei vous permettront de le découvrir. Après vingt minutes de bus à partir de la gare centrale, le promeneur, le marcheur ou le cycliste pourra s’offrir une suée salutaire dans les montagnes, découvrir des paysages à couper le souffle comme sur le 桃源谷 Taoyuan Gu ou les chemins de 陽明山 YangMing Shan et évidemment, en sortant de Taipei, aller partout où il pourra, notamment sur l’île de la Tortue, l’île des Orchidées, les montagnes de Taroko du côté de Hualien. Il pourra aussi 環島 huandao, c’est à dire faire le tour de l’île en train, en scooter, à pied, à cheval ou en voiture en descendant jusqu’au parc national de Kenting 墾丁國家公園 Kenting Guojia Gongyuan et en remontant par 屏東 Pingtung. 

Taïwan, de par sa localisation géographique, est un creuset mêlant diverses influences, austronésiennes, japonaises, chinoises notamment, aujourd’hui de plus en plus américaine. Durant ses cinquante ans colonisation, le Japon a profondément et durablement marqué le paysage (infrastructures routières, ferroviaires) et le caractère des taïwanais. Les liens avec le Japon ont demeuré et je pense que l’on peut considérer Taïwan comme le distributeur-tamis de l’influence japonaise en Chine. Cette intuition reste à étayer ! Habitant alors Hualien, j’avais croisé des cars de japonais ayant habité là avant 1945 et revenant avec émotion sur les lieux de leur enfance. Les taïwanais, à la différence des chinois continentaux, aiment en général plutôt bien les japonais qui ont aménagé les sources d’eau chaudes en bains pour notre plus grand bonheur.

 

Le principal mode de déplacement reste le scooter. Il est facile de s’en procurer un d’occasion (attention à la qualité), d’en louer un lorsqu’on se déplace ou d’en acheter un neuf si on choisit d’investir. Suite à de nombreux abus de la part des touristes étrangers, il est devenu un peu plus difficile d’en louer sans permis international ou – mieux – permis taïwanais, que je vous engage fortement à passer si vous y restez quelques temps. Ce n’est pas cher, il y a deux épreuves : une théorique que vous pouvez passer en anglais, et une pratique à savoir un petit parcours santé en « U ». Cela vous simplifiera la vie et vous permettra de ne plus avoir de sueurs froides lorsque vous passerez devant un groupe de policiers de la route ! Plus on descend dans le Sud, plus la conduite est aléatoire, alors la prudence doit rester de mise. Les accidents sont fréquents (le conducteur qui ouvre sa portière sans regarder, etc.) et souvent tragiques. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire là dessus, conduire à Taipei n’est pas une mince affaire !

Mais que serait Taïwan sans les taïwanais ? Elle perdrait assurément de son charme. Sans rentrer dans les détails, je me contenterai des stéréotypes et de mes propres réflexions. Lorsque je suis arrivé à Hualien enseigner le français, j’ai eu beaucoup de mal à fraterniser avec mes étudiants que j’ai trouvé au départ très timides voire craintifs. En début d’année, les activités « brise-glace » étaient absolument nécessaires pour qu’ils puissent vaincre cette timidité et se faire des amis. Habitué aux chinois de Chine plus directs, je trouvais mes étudiants excessivement polis, parfois à l’excès, et assez surprenants. J’avoue que cela m’a agacé un certain temps jusqu’à ce que je comprenne que c’était une manifestation de leur délicatesse et de leur prudence dans les relations sociales. Les premiers mois, j’ai donc été très seul, et ai assez douloureusement fini par comprendre ce que le renard dit au Petit Prince sur la signification du mot « apprivoiser ». Se faire de vrais amis prend du temps, mais lorsqu’un taïwanais s’investit dans une relation, c’est pour la vie. Et ça, c’est sans doute le bien le plus précieux au monde.

Bref, je pourrais déblatérer une heure sur les bienfaits de Taïwan. C’est une belle île, mais par pitié ne la salopez pas et ne salopez pas les gens qui y vivent en leur important des coutumes d’occident détestables, faisant de l’activisme politique, impérialisme capitaliste, boboïsme moralisateur, « enrichissement culturel » à sens unique et compagnie…  Les taïwanais ont tellement à nous apprendre ! Il y a un mot pour cela : 入境隨俗 rujingsuisu : à Taïwan, fais comme les taïwanais !

 

paul-josephine親愛的朋友,

我三年前回國了, 時間真的過得很快!除了在臉書上以外,我沒有給你們大家很多的消息。但是,雖然在我國很快樂,我還是很想念我在臺灣的時光!

我回國之後有先參加了朋友的婚禮、享受假期、跟家人和朋友花了時間。多虧朋友的幫助,我九月找到工作了:負責跟教育部有關的網站。因為那時沒有很多錢,所以應該要住我弟的套房!巴黎與朋友舊雨重逢!

2014 年等不及換工作,搬家和找新住的地方。三月初到底搬到地十三區了,巴黎的中國區域,住在又安靜又熱鬧的地方,在附近的教會參加彌撒(中華聖母堂)。其實那邊東南亞的人比中國人多:越南人、高棉人、泰國人之類的。也有我在亞洲最討厭的昆蟲:蟑螂 。

2015年是變化年。在朋友的婚禮遇到好女人。她叫瑪麗,是很美的音樂老師!形容她不是很容易,有機會會來介紹!我們快一年在一起了,5月訂婚了,明年5月要結婚!感謝天主!另外,我9月開始拉古典大提琴了,覺得很有趣,拉得越來越好。

2016年是前ㄧ年的延伸。瑪麗和我更深刻地了解彼此,彼此相愛,跟朋友一起消磨時光,出去玩兒。巴黎真是很美的城市,我喜歡跑來跑去、玩法式滾球、我每天認真得拉古典大提琴、去多音樂會、騎自行車… 什麼時候要來看我? :p

2017年呢?等不及!我還是很想念台灣的時光,很想念你們大家,很想念永康街的餐廳!有機會在想到那兒回去找工作、練習中文(嗯嗯)、試試看新煮飯方式!我雖然很遠,雖然很少跟你們聯絡但是每天想你們!

天主保佑!

孟德

PS: 寫錯了請跟我講! d(^o^)b

img_0387Voilà maintenant plus de deux ans que je suis rentré d’Asie, après trois ans entre Shanghai, Hualien et Taipei.

Un retour est toujours une expérience aussi bouleversante qu’un départ, et trompeuse. Il ne s’agit plus de quitter son cadre pour un autre, inconnu, mais de le retrouver ! Beaucoup rentrent au pays avec cette impression qu’ils reviennent comme des Hobbits à la Comté, dans de petits trous confortables et un peu endormis par un quotidien sans nuages dans lequel ils ne se retrouvent plus. De fait, on retrouve la vie quittée quelques années plus tôt telle qu’on l’a laissée ou presque, tout en ayant changé et souvent élargi ses vues, sans toutefois pouvoir en prendre la mesure et savoir en quoi on a changé. La vie de notre famille et de nos amis, a continué sans nous avec son lot de joies et de peines et ils ne s’intéressent pas forcément comme on le voudrait à ce qu’on a vécu, difficilement racontable à qui n’a pas partagé notre expérience.

*****

Il y a quelques années, je suis parti en Thaïlande avec quelques amis dans les montagnes non loin de la frontière birmano-thaï chez des Karen, un peuple de montagnard paisibles, rudes au grand cœur. C’était mon premier voyage hors d’Europe et ce que j’ai vécu a été un véritable choc, presque une conversion. J’ai tout raconté à une inconnue dans le hall d’embarquement de l’aéroport de Bangkok, et me suis rendu compte une fois rentré que j’étais incapable de partager ce qui m’avait bouleversé à ceux qui m’entouraient. Il n’y avait pas de points de comparaison entre les villes françaises et la jungle thaï, moite et humide, les chants et les rires des enfants et les soirées avec leurs profs. En un mois et demi, j’avais beaucoup vécu et j’ai mis deux ans à m’en remettre.

Vous l’aurez compris, ma première expérience de retour a été celle-là. En rentrant en France, je me suis confronté à la vulgarité de la vie quotidienne, aux blagues grasses sur les bordels de Thaïlande où je n’avais pas fichu un pied. Le contraste avec la simplicité et la droiture des montagnards était trop grand. Notre siècle trop laid. Notre société trop corrompue. Nostalgique, je ne pensais qu’à « mes » montagnes et à un moyen de vivre encore ce bouleversement, je ne pensais qu’à repartir. J’ai commencé alors à fréquenter plus régulièrement une de mes parentes très cultivée et curieuse ainsi que son mari qui avait longtemps « mangé du riz chinois ». Il était « devenu » chinois et allait devenir mon maître en me transmettant son amour de la Chine.

Il avait connu la Chine intimement à un moment trouble de son histoire et parlait parfaitement le mandarin – même des chinois venaient lui demander des conseils – émaillant toute sa conversation de 成語 chengyu, ces innombrables phrases locutoires subtiles et pleines de sel et d’esprit chinois. Tout ce que j’ai vécu ensuite, c’est à ma tante et lui que je le dois. C’était un spécialiste de la Chine ancienne, il traduisait des textes anciens du chinois classique. Quel puits de culture c’était et quelle belle langue il parlait, ce mandarin du Nord rond et puissant agrémenté de 兒 er ! Je passait des heures chez eux, la théière était toujours pleine et le temps comme suspendu. Il était cependant trop âgé pour m’enseigner lui même le chinois mais me prodiguait conseils et encouragements.

J’ai donc commencé à apprendre le chinois tout seul, puis suis parti quelques mois pour Shanghai. En revenant, je savais que j’allais partir à nouveau. On m’a proposé Taïwan. J’ai dû tout réapprendre pour me familiariser avec les caractères traditionnels. Au bout de deux ans, j’ai su que j’avais besoin de rentrer et de reprendre racine.  Des opportunités professionnelles s’ouvraient et je n’avais pas vu famille et amis depuis assez longtemps, ils me manquaient. On m’avait dit avant que je parte : « Si vous partez plus de trois ans, vous ne rentrerez plus ». Le retour serait plus rude, la réadaptation plus difficile. Et je ne voulais pas rester coincé entre deux cultures ou dans une culture qui n’était pas la mienne. Après m’être écarté, j’avais besoin de rentrer au camp de base et reprendre des forces.

Comme beaucoup, c’est loin de ma terre natale et en enseignant le français que j’ai pris conscience de mes racines. Les chinois ont un proverbe pour cela : 根深葉茂 gen shen ye mao, lorsque les racines sont profondes, la végétation s’épanouit. La culture est une vision du monde qui nous est transmise. Loin d’être un obstacle, c’est pour moi un atout pour comprendre d’autres cultures ou systèmes de pensée. Au nom de la diversité, ou d’une vision superficielle de la culture on a mondialisé le stéréotype et favorisé une vision unique du monde qui ne s’exprime qu’en anglais. C’est ce qui oppose le missionnaire au touriste. Loin de moi l’idée de dénigrer l’anglais, mais reconnaissons qu’il a ses limites : on ne crée des ponts qu’en pensant entre les langues.

Six mois avant de partir, j’ai commencé à préparer mon retour. J’ai renoué des contacts, commencé à dire autour de moi que je revenais, que je cherchais du boulot dans tel ou tel ou tel domaine. En rentrant, j’ai trouvé un CDD au bout de trois mois dans un lieu intéressant, puis un CDI dans une entreprise. Au fur et à mesure, j’ai revu des amis, m’en suis fait de nouveaux, ai fait d’heureuses rencontres. J’ai retrouvé ma famille et ma tribu de cousins plus ou moins éloignés, ai repris la musique. Après presque trois ans, l’envie de repartir me reprend, toujours dans le monde chinois, la passion de ma vie, ailleurs, autrement. On s’habitue à tout, même aux départs… et même aux retours.

Ce blog, resté en sommeil pendant longtemps n’est donc pas mort ! Il reprendra autrement, au fil des mois.

Demain c’est dictée. Joie dans les chaumières. Alors que mes copains japonais vont taper un carton, je vais encore m’emmêler les pinceaux.

Mon oncle, grand érudit pénétré de textes classiques et de sagesse chinoise m’a dit un jour qu’il fallait écrire. Écrire ? Écrire ! Mais comment ?

  • Règle n°1 : maîtriser l’ordre des traits
  • Règle n°2 : connaître les clefs
  • Règle n°3 : écrire des phrases non pas des mots
  • Règle n°4 : accepter de s’astreindre à cet exercice quotidiennement

Le pianiste fait ses gammes, le basketteur fait des trois points, le calligraphe calligraphie. Si la tête oublie (et elle oublie !), le corps se souvient. La mémoire vient du corps, les chinois précèdent Bergson de 3000 ans.

En lisant, on ne prête pas assez attention à la composition des caractères. L’écriture permet d’accéder à une autre dimension de la culture chinoise. Il y a une mystique des caractères, une vision du monde qui s’exprime à travers ces éléments réunis pour exprimer avec une merveilleuse concision une idée, un concept ou une réalité concrète.

En mettant les deux pieds dans le plat, je dirais qu’apprendre le chinois à Taïwan est une chance. Comme vous le savez sans doute, Taïwan a gardé les caractères traditionnels qui ont été simplifiés de l’autre côté du détroit. C’est un casse-tête pour tous les étudiants, taïwanais comme étrangers : trop de traits. Mais pourtant…

L’esthétique mise à part, les caractères dits “compliqués” (de fait, la lecture des journaux en chinois rendrait myope un pilote de chasse) permettent de faire entrer en résonance les éléments composant les caractères mieux que les simplifiés et préservent la logique de la langue.

Les traditionnels font la différence entre 麵 mian, les nouilles et 面 mian, la face. Sur le continent les deux s’écrivent 面… La différence, c’est la clef du blé. Je n’ai compris qu’à Taïwan que les nouilles n’avaient aucun rapport avec la face. Ahem…

Avec une certaine pratique, on finit par retrouver les mêmes éléments dans des caractères très différents. Le cerveau humain, dans son infinie complexité se charge alors lui-même d’établir des parallèles. Et parfois, c’est l’illumination, ce qui rend l’étude du chinois intellectuellement très stimulante.

Voilà bientôt un mois que j’ai repris les cours à l’université et je me souviens de cette parole de mon oncle : “Apprendre le chinois, c’est comme rentrer dans les ordres”. À méditer…

En rentrant en France, j’ai trouvé les Mc Do un peu déserts. A Taïwan il est trois heures de l’après-midi et celui de Guting est plein. Je fréquente parfois ce genre de lieux pour fuir la monotonie de la maison et l’ambiance feutrée, mais payante des cafés de Taipei. Le spectacle que j’ai sous les yeux en ce moment me décide à rédiger ce petit billet.

Devant moi, six mamies ont squatté une grande table et après avoir y avoir répandu consciencieusement le contenu de leurs sacs s’emploient maintenant à tricoter patiemment l’une un pull pour le petit neveu, l’autre un chausson, la troisième une écharpe. La curiosité est cette vieille dame très distinguée aux cheveux de neige, engoncée dans un manteau fleuri de soie violette et portant des baskets Addidas flashy. Qu’est-ce qu’elles font ? Elles discutent pendant que leurs petits enfants courent à côté.

Ma tête de blanc me permet de saisir quelques bribes de leur conversation qui roule et touche au passage de nombreux sujets tels que les gosses, les préoccupations quotidiennes, l’utilité de tel point par rapport à un autre, la bouffe évidemment. La conversation quoi, agréable et dépourvue de toute cette pédanterie que peuvent avoir certaines discussions dites “sérieuses”.

On voit des hommes d’affaire en costume qui s’arrêtent quelques minutes profiter d’un café et de l’Internet, des petits groupes d’étudiants qui mettent la dernière main à un projet, d’autres qui font un échange linguistique, des endormis, des presque endormis, des amoureux partageant avec quelques étincelles dans les yeux une barquette de frites…  Pour quelques kuai,on peut profiter d’une grande table, travailler tranquillement et rencontrer des gens. Pourquoi se priver ?

Ce que j’aime beaucoup ici, c’est le contact que l’on peut avoir avec les personnes âgées. Contrairement à l’Europe, elles font partie intégrante de la vie sociale. Les chinois n’aiment pas inviter chez eux. Ils se retrouvent donc à tout moment dans les cafés ou les restaurants fast food,enfin rendus à leur fonction première de lieux de sociabilité pour prendre un verre ou discuter du temps qu’il fait. C’est ce qui fait tout le sel de la vie en Asie !

Petit écart de quelques mois pour ce blog. Je m’aperçois que j’ai écrit de moins en moins. À posteriori, je dois dresser un constat d’amollissement généralisé, scuzez m’sieudames. Mais, me direz-vous, Paul, pourquoi cette absence ?

En juillet-août, je me suis lancé dans une course contre la montre universitaire visant à terminer en parallèle de mes cours à l’Alliance française un Master 1 Français Langue Étrangère “Sociolinguistique et didactique des langues” dans les temps. J’ai pu à cette occasion étudier de près l’efficacité de ce qu’on appelle le “sommeil partagé” : 4 heures de sommeil la nuit plus deux fois 20 minutes de sieste et apprendre à me conditionner psychologiquement pour me maintenir le coco sous pression. Résultat, une mention bien ainsi qu’une mention très bien à mon rapport de stage qui décrivait un an d’expérience à l’Alliance française. FLE en poche, je valide académiquement deux ans d’expérience de l’enseignement du français à Taïwan. Précieux sésame qui me permettra quelque soit la suite de mes projets, d’avoir la joie de faire partager à nouveau les rigueurs de la grammaire française et de l’emploi du subjonctif à des apprenants – comme on dit dans le milieu – de toutes nationalités.

En septembre, et après deux ans passés à Taïwan sans jamais sortir du pays, je me suis offert quatre trop courtes semaines en France auprès de mes proches. J’ai retrouvé notre joyeuse ambiance de famille, les discussions philosophiques dans la cuisine, les balades au soleil à l’étang du coin, le thé pris au soleil dans le jardin… J’ai aussi pu revoir mes grands parents, mes petits cousins et me balader dans les marais salants guérandais, revoir l’Atlantique qui m’avait manqué. J’ai pu aussi refraterniser avec les copaings, retrouver l’ambiance des bières prises en terrasse, revoir ceux skypés pendant trop longtemps. Revoir Paris… Il y a aussi ceux que je n’ai pas pu voir, ou que j’ai vus trop brièvement. Martin, mon adorable filleul, Benoît, Antoine et Flo, Anne-Laure et Wlad, Laure, Roland, Sixtine et Jean-Baptiste, François, Nico, Marthe… Désolé les copains, mon départ a eu un goût d’inachevé. Mais je reviendrai…

On ne lâche pas Taïwan aussi facilement que cela ! “Toutch iour heart !” dit le logo en anglais. Tout un programme…

Alors la suite ?

Le gouvernement taïwanais dans sa grande générosité m’a fait le don d’une bourse confortable me permettant d’étudier six mois le chinois à l’université, au rythme de 15 heures par semaine. Un sacré morceau de chance, aurait dit Jolithorax. Ainsi l’emploi du temps de ces prochaines semaines se résume dans ces deux caractères 讀書 dushu : étudier.

Le maître dit : L’homme de bien mange sans se gaver, vit sans grand confort. Il est diligent dans ce qu’il fait, prudent dans ce qu’il dit, et tâche de se réformer auprès de ceux qui possèdent la Voie. Tel est l’homme mû par un vrai désir de s’instruire. (Confucius, Entretiens, I, 14).

Alors à moi la bouffe végétarienne, la vie simple, la lecture… et l’écriture !

Et après ?

Comme le disait mon vieux professeur : “Quand on ne sait pas, on se tait” !

Taipei en chiffres, c’est un scooter pour deux habitants. En pratique ? C’est le bazar. En arrivant à Hualien l’an dernier, j’ai sagement passé mon permis. Une poignée de dollars, un examen de code et un petit parcours en U plus tard, j’avais en main le précieux sésame qui me permettrait de faire mes premières armes sur le bitume taïwanais.

Ici la seule règle qui prévaut est la loi du plus gros, qui est aussi le plus fort. le piéton perd devant le vélo méprisé par le scooter, lui-même voué aux gémonies par la voiture, discréditée par une camionette elle-même conspuée par le 36 tonnes. Le pékin moyen s’en tiendrait à une conduite prudente, à droite à 30km/h et c’est précisément l’erreur.

Dressons maintenant une petite typologie animalière du conducteur moyen.
• Le saumon qui remonte imperturbablement le courant, à contre-sens, tranquille.
• La fourmi qui transporte trois fois le poids du scooter en cartons, fruits, objets divers et sacs non identifiés, empilés avec un équilibre tenant du miracle.
• Le lynx, spécialiste des attaques surprise.
• Le rémora, poisson-ventouse qui vous colle au train.
• Le colibri : pleins gaz mais fait du sur-place.
• La taupe daltonienne. Vert ? Vous avez dit vert ?
• Le cygne qui glisse sur l’asphalte, majestueux.
• Le lièvre qui grillerait une Porsche au 0-100km/h départ arrêté.
• L’albatros, qui se laisse porter par le vent.
• Le kangourou : le petit est dans la poche de devant.
• Le lemming, celui qui ne sait pas gérer les trottoirs.
• La gazelle, sans doute la plus redoutable.
• Le pianiste : maître des arpèges et des gammes.
• Le vautour qui vous pique votre place de parking.
• La tortue, montée sur un solex.
• La mouffette, au sulfure d’hydrogène
• … le dahu ? Liste non exhaustive.

L’ennemi (entendez le vélo ou la voiture, voire pire, le piéton) surgit toujours sans crier gare. À contre-sens sur un grand axe, d’une petite rue, de derrière un bus, ouvre sa porte côté rue sans regarder, tourne brutalement sans clignotant, freine, s’arrête et puis repart… C’est lorsque le vocabulaire orythologique d’un taxi parisien ne suffit plus que l’art du klaxon devient une science. Freine, Slim, freine ! La voie est barrée !

Et pourtant, il n’y a jamais d’animosité, simplement parce que les gens sont polis et courtois avant d’être inconscients. C’est précisément ce qui fait que Taipei est l’une des villes les plus agréables d’Asie !

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最近在法國,大部分的人(除了商人)在休息一下。年輕人習慣跟朋友一起到夏令營去,也去海邊、山上或外國去旅行。但是我的感覺就是很多臺灣的年輕人感受不同的習慣…

À l’heure où l’herbe jaunit dans les jardins désaffectés par les familles françaises, parties trouver ailleurs un coin de sable ou un bout de montagne, pendant que les petits français sont sur leur vélo ou devant leur console, beaucoup de taïwanais vivent une tout autre expérience…

我昨天搭捷運,有位高一的學生跟我講話。他問我很多外國人時常會碰到的問題。你從那裡來?法國人是不是很浪漫?法國很漂亮嗎?巴黎呢?然後,我看他穿著制服。所以我問他:“你為什麼穿這樣的衣服呢?你不是在放假嗎?“。他回答我:”暑假還有課“。這幾天,我常常看到學生在寫作業,但是他們很累通常在打瞌睡!太辛苦了。

我已經開學了,每天都教法文。我這一班很好。他們認真學習、很熱情。是所有老師夢想教到的學生!如果下學期的氣氛跟這兩個禮拜一樣,我一定會覺得運氣很好!他們很努力。每天都來跟我學法文。我很佩服他們。

今天早上,我發現我瘦了很多。所以我決定去”Subway”吃美式的食物,好讓我變胖。本來沒有位子,但我在一個媽媽帶著小孩的旁邊找到空位。他們三個吃飯的時候一直在練習英文。不要虛度光陰!

你們一定知道我很喜歡薹灣的食物。不過有的時候我會夢到法國菜:法式香腸在一起跳舞,法國起司一起討論哲學… 有時候麥當勞就像大麻的代替品:溫暖人心但同時帶來罪惡感!那麼,算了!既然我已經吃了麥當勞,所以我又能繼續發表評論!

有一天,我在麥當勞吃牛肉漢堡 (I’m loving it)。然後呢,有個太太跟她的兒子來我旁邊吃Happy Meal。他們兩個在討論開學的事。去哪一間補習班? 晚上怎麼辦?媽媽要選最好的補習班,最好的學校。我住花蓮的時候,家附近有很多補習班跟珍珠奶茶店。小朋友們都到晚上十點多下課才能回家休息。第二天很早又要去上課。很辛苦,不是嗎?

我的童年生活很不一樣。放假的時候到布列坦尼玩水、去鄉下散步、參加各種夏今營、看書,整修百葉窗。什麼都做,就是不用去學校。念書歸念書,假期歸假期。我曾經野心勃勃地想要看完普魯斯特寫的“追憶逝水年華”,或是重讀柏格森的作品,但是美麗的陽光戰勝了“斯萬”跟“少女花“,柏格森的哲理輸給了海灘跟餐前酒!其實我看到薹灣的學生在夏天頂著大太陽去上課,心裡很為他們抱不平,但也許我自己也該這麼努力。

Hier, un jeune collégien m’a abordé dans le métro. Il faut bien pratiquer un peu l’anglais… En fait on a discuté en chinois. Après les questions d’usages, on a parlé scolarité. Pourquoi portait-il un uniforme en plein mois d’août ? Parce qu’il avait des cours supplémentaires et consacrait son été à l’étude. En pratique, ça donne souvent des enfants ou des étudiants assoupis sur les tables des bibliothèques. Mais quand même, le pauvre chou.

Ayant commencé à donner quelques cours à l’Alliance Française, j’ai été béni. Groupe sympathique, sérieux et travailleur, uni et solidaire. Si l’année prochaine est à l’image de ces deux premières semaines, alors je peux me réjouir : cela promet d’être extraordinaire ! Il n’empêche que, comme ces collégiens, mes treize étudiants ont consacré deux mois d’été à apprendre une troisième langue, pour certains juste comme ça. Je suis admiratif.

Ce matin, après avoir constaté que j’avais perdu des kilos en moins, j’ai décidé de retaper mon IMC (celles qui lisent Elle et Cosmo me comprendront) en allant bouffer américain au Subway du coin de la rue. Après avoir lutté pour trouver un siège, j’ai fini par trouver une place à côté d’une maman taïwanaise et ses deux enfants qui… parlaient anglais, sérieux comme des papes. Pratiquer, pratiquer, courir contre le temps.

Vous l’aurez compris, la nourriture taïwanaise bien que délicieuse, n’empêche pas mon sommeil paradoxal d’être peuplé de saucissons qui font la java, de steaks qui sautent à la perche dans une poêle et d’un camembert qui cause philo avec une époisses. À l’étranger, le Mc Do est parfois ce que la méthadone est à l’héroïne : une saloperie qui soulage. Maintenant que j’ai fait mon coming-out ronaldien (whouf, je suis soulagé), on peut passer à la dernière anecdote.

Un jour que je dégustais un cheeseburger dégoulinant de cheddar (I’m lovin’it), une dame et son jeune fils de dix ans sont venus prendre les places à côté de moi. En dégustant un Happy Meal, ils parlaient avenir et rentrée des classes. Il était question d’organiser les soirées du petit après l’école. Il fallait lui trouver la meilleure 補習班 bǔxíbān du quartier, minuter et rentabiliser son temps, ses soirées. Il devait diner avec sa sœur et repasser du temps le soir à étudier. La rue dans laquelle j’habitais à Hualien est remplie de ces bǔxíbān et de petits restaus qui vendent à la pelle ce “thé aux perles”, le 珍珠奶茶 zhēnzhūnǎichá qui fait depuis plusieurs décennies le délice des étudiants. Les enfants en sortaient vers neuf ou dix heures du soir épuisés et rentraient chez eux dormir avant de commencer une nouvelle journée d’étude.

Je vous parle d’un temps que les plus de vingt ans ne peuvent pas connaître. Moi en ces temps là, je faisais des pâtés en Bretagne, des balades dans les marais salants, animais des colos où l’on faisait tout sauf bosser ou alors passais mon été je ne sais plus comment, à lire ou à peindre des volets. J’ai eu un moment le projet ambitieux de m’enfiler la Recherche ou de relire Bergson, mais le soleil a eu raison de Swann et de la Duchesse de Guermantes, la mer et les apéros des données immédiates de la conscience ou des théories lumineuses dudit quidam sur l’intuition. Même petit, les devoirs de vacances ont toujours été un vœu pieux, une lointaine résolution. Au fond de moi, je ne peux pas m’empêcher de plaindre ces jeunes qui passent un été dans la chaleur moite de Taipei à étudier au lieu de faire des randonnées dans les montagnes… même si c’est peut-être ce que j’aurais du faire.

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La suite… Un instantané de tai-chi Au fondement des arts martiaux à pratiquer en solitaire, le 氣功 qigong qui est l’art de la gestion du souffle, source de toute vie et particulièrement important dans les spiritualités d’inspiration taoïste. Le tai-chi s’il a bien à l’origine une visée martiale vise par la pratique d’exercices extrêmement lents …

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Mes étudiants disent : 花蓮:好山,好水,好無聊。 Ce qui en bon français signifie : Hualien : de belles montagnes, la mer et de belles rivières… mais qu’est-ce qu’on s’ennuie ! Il est vrai que le spectacle de la montagne encore endormie et entourée de brume au matin est un des spectacle dont je ne me lasserai jamais tout comme la mer …

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Le mois de juin est aussi celui de la fin de l’année scolaire, celui où l’on commence à faire ses projets de vacances, un moment familial et privilégié. Assez occupé cette année et tout à Taïwan, je n’ai pas pris le temps de laisser la France me manquer. Ce sentiment étouffé pendant une dizaine de mois revient en force ces jours-ci.

Ce n’est pas la première fois que je me retrouve loin du pays. À Shanghai, j’ai rêvé de saucisson, de bœuf bourguignon, d’une bonne baguette de pain chaud, de brioche vendéenne, de galettes de blé noir, du Forum et ses assiettes de charcut’ dégustées tous les vendredis avec les triumvirs de la CDSSS, d’une bonne bouteille de pinard et de Chimay bleue…

Ici il y a la mer, mais ce n’est pas pareil. Taïwan malgré sa beauté n’a pas la sauvagerie des côtes bretonnes.

L’emploi du temps se relâche et je pense à ma famille et mes amis restés en France, que je n’ai pas vus depuis dix mois déjà ! Quelques photos de jeunes mariés, faire-parts de baptême, adorables têtes de bambins trônent sur mon mur, des cartes postales, des lettres que je relis souvent.

Vous me manquez, tous autant que vous êtes ! Loin de vous, je manque vos fiançailles, vos mariages, vos premiers enfants, des pots interminables, des soirées à refaire le monde, vos premiers jobs… Je pense à mes deux adorables filleuls que je n’ai pas vu grandir, aux premiers pas de Marie et au rire de Maxime.

Ces années en Asie sont capitales, je m’y épanouis pleinement et apprends chaque jour de nouvelles choses, sens sans comprendre une culture qui m’échappe et m’en laisse imprégner. C’est une chance, et un choix. C’est aussi un renoncement.

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“Action !” Il y a à Hualien des lieux où l’on ne peut se rendre que si l’on est invité, introduit. Au détour d’une rue tranquille, non loin d’un endroit où je suis passé des milliers de fois, j’ai trouvé une pépite, mon petit café, mon “Café Lumière”. C’est le café où l’on a ses habitudes, …

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某天下午,在慕谷慕魚 慕谷慕魚又被稱為小太魯閣,我們從位於銅門警局前的小門進入。這裡的觀光客很少,空氣十分新鮮但景色卻很自然。為了慶祝熱浪來襲前的春季,我們舉辦了烤肉活動!!  在之前,花蓮下了一點小雨,所以我很擔心得穿一整天的雨衣,幸好山上的天氣很好! 後來,我們到小溪裡游泳。這天是那麼的美好讓我覺得彷彿到了人間仙境。 Un après-midi à 慕谷慕魚 Mùgǔmùyú Appelé aussi “le petit Taroko”, on y accède en s’enregistrant au poste de police de 銅門 Tóngmén. Les touristes sont assez peu nombreux, le lieu sauvage et l’air pur. Pour fêter le début des grandes chaleurs, un barbecue était de mise ! La pluie menaçait à Hualien …

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Après la tragédie du séisme au Japon, j’ai reçu un certain nombre de messages affolés qui demandaient de nos nouvelles à nous, les taïwanais. Récit.

J’ai appris la nouvelle du séisme au Japon en même temps que l’alerte au tsunami lancée par les autorités de Taïwan enjoignant travailleurs et écoliers à rentrer chez eux. Depuis le cyclone Morakot en 2009 qui avait causé la mort de 600 personnes et occasionné une coulée de boue qui avait englouti un village, les autorités sont prudentes. Ayant une soudaine envie d’aller faire un tour à la montagne, j’ai donc observé des hauteurs cinq cargos qui sortaient du port pour prendre le large. À l’heure dite, la vague attendue ne s’est pas présentée, ni une quelconque réplique sismique. Je ne sais pas si ça peut rentrer en ligne de compte, mais l’océan est particulièrement profond au niveau de Hualien, si bien qu’il est interdit de s’y baigner. Ceci pourrait-il nous protéger d’un tsunami ?

Située le long de la barrière de feu à la jonction de la plaque des Philippines et de la plaque Eurasienne, Taïwan est fréquemment sous alerte et devinez quoi : ces typhons, séismes et autres réjouissances prévues par notre bonne vieille Terre aiment particulièrement Hualien ! Les tremblements de terre que j’ai pu observer pour le moment ne dépassaient pas une magnitude 5. Espérons juste que nous n’aurons pas à faire face d’ici quelques jours à des répliques sismiques ou à un nuage suspect.

Mes prières vont particulièrement au Japon alors que les derniers rapports font état d’une intense activité sismique, une prévision de 10 000 morts et une centrale nucléaire menaçant d’exploser.

我覺得當老師是最好的職業。為什麼?原因是可以放假!所以我一直以為當老師很有趣。可是,放假以後怎麼辦?開學以前大概有一點著急,自己問自己:教學方式好不好?學生覺得法文怎麼樣?老師不會無聊,學生們就可以了!

但開學後就很開心!我覺得學生很認真,超好奇、喜歡學新的東西、總是問我很多問題。他們也進步很多了!另外,我們這學期多迎接三十幾個學生。他們看起來很聰明!寒假再變美成麗得的回憶, 日子在變得比較重要。我現在比較習慣教書,比較習慣中文,所以越來越感覺很舒服。

花蓮真是很漂亮得城市。我發現了很美麗得房子,超漂亮的地方可以去散步,一家日本式的書店可以去學習。還有星巴克,星巴克的咖啡,星巴克的音樂我聽得受不。其實星巴克真看起來像太美式的,我比較喜歡薹式的差點 !

新的學期,新的學生,新的見面,新的事情,新的發現!聽起來很棒,不是嗎?

Le principal avantage de l’enseignement, me disait quelqu’un que je connais comme s’il m’avait fait, c’est les vacances. Effectivement, c’est pour cela que la profession m’a toujours paru éminemment intéressante. Cependant, la tension monte toujours un peu avant la rentrée : les méthodes de travail sont-elles les bonnes ? les cours plaisent-ils aux étudiants ? S’il est dur pour un professeur de s’ennuyer, c’est toujours plus facile pour son public !

Mais passés les premiers instants de déprime, on se lance dans un nouveau semestre, et les vacances deviennent un heureux souvenir alors que la vie quotidienne nous absorbe de plus en plus. La bouteille venant en enseignant, et l’oreille commençant à s’habituer aux sonorités chinoises, je suis de plus en plus à l’aise. Ainsi, j’ai retrouvé avec grand plaisir mes étudiants pour ce nouveau semestre. Les groupes ont un peu changé, certains sont partis, les meilleurs sont restés, une trentaine de petits nouveaux sont arrivés et m’ont l’air bien parti pour crever le plafond.

J’ai découvert également Hualien sous un jour nouveau. De jolies maisons cachées dans des petites rues, des endroits un peu reculés où il fait bon se promener et une librairie vieillotte construite dans le style japonais où je peux m’arrêter travailler. Il y a aussi l’habituel Starbucks avec son café Starbucks et son jazz Starbucks que je ne supporte plus. Tout est trop américain, je préfère de loin les maisons de thé taïwanaises !

En bref, nouveau semestre, nouveaux étudiants, nouvelles rencontres, nouvelles occupations, nouvelles découvertes. Ça cartonne non ?

淡水 Danshui Au Nord de Taipei se trouve la petite ville de Danshui où l’on peut trouver des vestiges d’un passé colonial désormais révolu. J’y ai passé quelques jours chez un de mes amis. C’est une petite ville tranquille et sympathique, au bord de la mer. Évidemment, elle a ses spécialités culinaires, comme des boules …

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Voici quelques images de mon premier périple autour de Taïwan. 烏來溫泉 Les sources chaudes de Wulai  Le cadre se prêtait tout à fait à un premier chapitre de polar : végétation luxuriante, temps grisâtre et un peu froid, vapeur d’eau sortant des bains… Au milieu des volutes, des fantômes rouges comme des écrevisses émergent, on perçoit …

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L’homme du XXIème siècle dispose, technique aidant, d’outils formidables pour apprendre le chinois dont au moins une quarantaine de générations a du rêver. M’étant battu à Shanghai pendant huit mois avec un téléphone de seconde zone, j’ai opté en arrivant à Taïwan pour l’Iphone, et je ne le regrette certainement pas ! Il faut dire que 蘋果公司 píngguǒgōngsī, l’entreprise à la pomme pour les 宅男 zháinán, geeks initiés) a dans le domaine des applications pour smartphones une avance assez confortable.

Pour bien apprendre le chinois, il faut un bon stylo, du temps devant soi… et un bon dico. Après plusieurs jours de prospection, je me suis fait conseiller l’application Pleco qui est devenue ma compagne, presque ma maîtresse. C’est une sorte de meta-dictionnaire multi-fonctions, le couteau suisse de “l’apprenant” en chinois.

En bref : fabuleusement ergonomique, sept dictionnaires, plus de 200 000 entrées, les caractères simplifiés et traditionnels, un programme de flashcards permettant de classer le vocabulaire à apprendre par catégories, et de se tester soi-même (tons, définitions, ordre des traits…), une fonction “reader” intégrant ce qui a été mis dans le presse-papiers auparavant, un OCR (logiciel de reconnaissance de caractères). Évidement, les recherches se font toutes seules si bien qu’il n’est pas nécessaire de naviguer entre les dictionnaires.

Un peu de visuel pour la route :

  • Fonction recherche en caractères, en pinyin et en anglais dans les sept dictionnaires :

  • Fonction recherche digitale, explication de l’interface :

Première photo, en haut : A chaque couleur correspond un des quatre tons chinois. A gauche les caractères traditionnels utilisés à Taïwan, à droite les caractères simplifiés utilisés en Chine continentale. En bas de gauche à droite : le nom du dictionnaire utilisé, utile pour passer d’un dictionnaire à un autre ; une commande permettant de choisir les caractères simplifiés ou traditionnels ; le “+” permettant de rajouter le mot dans la catégorie de flashcards programmée ; le(s) caractères prononcés ; le bouton de menu. Seconde photo : le logiciel de reconnaissance digitale développé par Pleco est supérieur à celui développé par Apple est très pratique lorsqu’on ne connait pas la prononciation !

  • Les fonctions spéciales, respectivement : “Flashcards” (en mode examen par tons), le “Pasteboard reader” (lecteur de contenu presse-papier) et “OCR” (reconnaissance de caractères) :

Seuls inconvénients : l’anglais, toujours l’anglais, pas toujours pratique pour les français qui veulent apprendre les langues étrangères, et le prix un peu élevé. L’application est gratuite, et certains dictionnaires gratuits sont disponibles (comme la base de données CCdict), seulement, le total des fonctions coûtera dans les 80€ : il y a une réduction pour les profs et les étudiants en mandarin ! Pour ceux qui apprennent le chinois en France, qui ont HSK 3 ou moins, ou qui sont parachutés trois ou six mois en stage dans le monde chinois, l’application gratuite et la base CCdict vous comblera. Pour ceux qui veulent apprendre plus sérieusement qui sont dans le monde chinois pour un temps long ou qui doivent travailler en chinois, cette application deviendra vite indispensable. A tout prendre, elle est même moins chère que les petits traducteurs Besta et autres que l’on trouve dans le commerce, qui sont assez peu pratiques à utiliser.

Sans compter que le programme de flaschcards est extrêmement complet et que l’OCR est fantastique. Je rentre après chaque leçon tous les mots de vocabulaire de ma méthode sous forme de flashcards, et les passe en boucle. fini les feuilles de papier bristol que je baladais dans mes poches !

Pleco est disponible sur iPhone, iPad et Pocket PC. Testez, et voyez !

Munster… Livarot… Époisses… Chèvres, Roquefort, Brie, Camembert, Bleu, St Nectaire, Beaufort, Gorgonzola, Maroilles ! Où êtes-vous, compagnons de mes papilles aux noms si doux ?
Où êtes-vous, frères de Bourgogne et de Bordeaux, frères des coteaux du Layon et de la vallée du Rhône ?
Où êtes vous, mes frères de sang, Cognac, Armagnac, et vous mes sœurs chéries Poire Bénédictine, Chartreuse et Mirabelle ?
Où êtes-vous, ô compagnons de Tarte, fiers buveurs et amis du Tonneau ? Je n’aperçois plus au loin la bannière de la Confrérie qui claquait fièrement autrefois sur les Cent Prairies !
Où êtes-vous, Chevaliers de la Grande Levure, Cavaliers de Malt, preux Guerriers de Houblon, Compagnons du Grand Marnier, Hussards d’Ethylie, Dragons du Tanin, invincibles ivrognes ?

Ô Terre de France…

Ma gorge s’assèche, mon foie se délite. Venez à mon secours, preux compagnons et buvons ensemble jusqu’à plus soif ! Que nos forêts retentissent de chants de joie, que les feux crépitent dans les clairières, et que pas un ne voie debout les premières lueurs du soleil !

Nabu Chansonnier

Taïwan, au climat chaud et humide s’est rafraîchie ces derniers temps. Le vent sec du Nord nous oblige parfois à sortir un pull ou un manteau pour affronter les rigueurs du froid, particulièrement lorsqu’une sortie en scooter s’impose ! Les grosses chaleurs reviennent parfois, lorsque le ciel est bleu et que le vent est tombé. Il fait bon alors aller se promener un peu, et aller voir la mer, magnifique et démontée.

J’ai à présent passé mon permis deux-roues. Pour quelques centaines de yuan, et une matinée d’examen, je peux donc aller où bon me semble sans craindre de gyrophares. L’amende en cas de contrôle est assez salée et me mettrait sur la paille pendant quelques temps. Les policiers sont assez cool avec les étrangers, et feindre l’ignorance du chinois m’a permis un jour d’éviter de manger du riz blanc pendant un mois !

Les étudiants n’ayant que trois heures de français par semaine avancent lentement mais sûrement. Leur prononciation se précise de jour en jour, et leur vocabulaire devient suffisant pour qu’ils puissent utiliser la langue française pour certaines choses de base. Chose étonnante que d’être prof. Il y a encore un an, j’aurais grogné comme eux à l’annonce du troisième examen du semestre. Passé de l’autre côté de la barrière, ça me paraît être une nécessité. Et lorsque l’on me demande des nouvelles, je pousse les mêmes soupirs que certaines personnes que je connais très bien en répondant sur un ton tragique : “Si tu savais, j’ai quatre paquets de copies à corriger…” L’enseignement c’est un sacerdoce. Maintenant je plains tous mes profs qui en lisant mes devoirs retrouvaient les mêmes fautes, les mêmes erreurs, les mêmes imprécisions que mes camarades et qui d’un même trait rageur de stylo rouge rayaient mes innommables âneries.

La vie à Hualien, paisible ville de l’Est, s’écoule tranquille. Je n’en demeure pas moins assez actif. Mes onze heures de cours par semaine m’occupent beaucoup, ainsi que la préparation des examens, et la correction des copies. L’autre principale occupation concerne l’apprentissage du chinois. Au bout de deux mois et demi, j’ai à présent pris mes marques et suis à peu près autonome sur le plan linguistique. Les cours particuliers que les étudiants me donnent plusieurs fois par semaine, ainsi que la très bonne méthode de l’université 師大 Shida m’ont permis de renforcer une grammaire que huit mois de travail solitaire à Shanghai avaient rendu vacillante.

Perdue entre les montagnes et l’Océan Pacifique, Hualien est une jolie ville secouée assez souvent par des tremblements de terre. La plupart sont si légers qu’on les sent à peine, mais parfois les vitres tintent un peu ! La semaine dernière, les étudiants sont tous sortis des dortoirs, surpris par une secousse de magnitude 6. Ça commence à faire pas mal, on l’a senti de Taipei. Et les baignades ? Impossibles ! Au bout de quelques mètres (zone en bleu foncé sur la photo), le sol se dérobe sous vos pieds et tombe à pic. Un petit somme, et hop on se réveille au Japon ! Occasion rêvée me direz vous pour aller saluer nos amis Nippons. J’y songe…

Mais, et vous ?

Près de deux mois et demi ont passé, et je pense pouvoir à présent actualiser ce blog un peu plus souvent ! Certains articles sont déjà en cours de rédaction !

En haut : La campus de 東華大學 l’université de Donghua au milieu des montagnes.

En bas : l’Océan Pacifique !

Chers tous,

Voilà un peu plus de trois semaines que je suis arrivé et je n’ai pas pu trouver le temps d’écrire sur ce blog, que je me jurais pourtant de tenir à jour régulièrement. Plusieurs fois, j’ai commencé à rédiger quelques articles, incomplets, mal écrits, que je me suis juré de retoucher, mais en vain.

Ces trois semaines ont passé à une vitesse folle, et je crois pouvoir dire que j’ai à présent trouvé mes marques. Nous avons environ 120 étudiants, une trentaine environ dans chaque groupe, trois de première année, un de seconde année. Enseigner le français est une chose passionnante, surtout à des Taïwanais. Les habitudes culturelles ne sont pas les mêmes, les méthodes de travail non plus et au bout de trois semaines de cours, j’ai pris la mesure du travail que j’allais avoir à fournir !

Au début, nous sommes sans doute allés un peu vite, et les étudiants ont compris assez rapidement que l’apprentissage du français n’était pas une partie de rigolade et qu’une fois le côté romantique parisien mis de côté, il allait falloir se mettre au travail.

Côté français, nous nageons en plein interculturel. J’essaye de comprendre la manière avec laquelle les étudiants de première année appréhendent cette nouvelle langue, et comment ils travaillent. Le chinois est une langue écrite, et la prononciation qui varie selon les époques, et les langues parlées s’exprime toujours par un petit dessin tenant dans un petit carré. Voilà le génie de la civilisation chinoise : avoir fait de l’écriture idéographique une langue de civilisation, rassemblant par l’écrit ceux qui étaient séparés par le verbe.

Aujourd’hui, je leur ai donné un cours semi musical à grand renfort de noires, de croches et de triolets sur le rythme de la phrase française, qui a contribué à en décoincer certains vis à vis de la prononciation. Certains travaillent assez régulièrement, d’autres pas. Certains surnagent, d’autres nagent, d’autres progressent. J’ai bien hâte de recevoir mes cours de FLE pour leur donner des conseils un peu plus orientés !

Vous l’aurez donc compris, ce blog est un peu fourre-tout et vous y trouverez au gré des publications, je l’espère, de quoi satisfaire votre curiosité ! Au gré des recherches et des découvertes, j’essaierai de balayer le plus largement possible le panorama Taïwanais : culture, écriture, histoire, arts, enseignement, coutumes, et pourquoi pas si j’en ai les capacités, littérature, histoire de la pensée !