O Bouteille,
Plaine toute
De misteres,
D’une aureille
Je t’escoute
Ne differes,
Et le mot proferes,
Auquel pend mon cœur.
En la tant divine liqueur,
Qui est dedans tes flancs reclose,
Baccus, qui fut d’Inde vainqueur,
Tient toute vérité enclose.
Vin tant divin loin de toy est forclose
Toute mensonge, et toute tromperie.
En joye soit l’Aire de Noach close,
Lequel de toy (toi) nous fist la temperie.
Sonne le beau mot, je t’en prie,
Qui me doit oster de misere.
Ainsi ne se perde une goutte.
De toy, soit blanche ou soit vermeille.
O Bouteille
Plaine toute
De mysteres,
D’une aureille
Je t’escoute :
Ne differes.

Rabelais – Comment la Pontife Bacbuc présenta Panurge devant ladicte Bouteille (Chapitre XLIV du Cinqiesme Livre)

     http://pica.nipic.com/2008-01-14/2008114203342644_2.jpg

Cette année du Dragon s’annonce sous les meilleurs auspices ! Je vous souhaite donc à tous une magnifique, joyeuse, prospère, lucrative, extraordinaire, ébarnouflante, voire bouleversifiante nouvelle année lunaire !

恭喜發財 ! (inclination)

À Taipei il pleut tout le temps, et ce n’est pas une petite drache. Les Taïwanaises sont d’ailleurs arrivées à la conclusion irréfutable qu’un short sèche plus vite qu’un pantalon (voire qu’un minishort sèche plus vite qu’un short) et exhibent avec la plus insolente pudeur des jambes de mannequin.

Afin d’éviter le désagrément de la chaussette mouillée, la tong est devenue le symbole de la résistance à l’oppression des averses. Bon marché, pratique et fonctionnelle, participative, elle se porte hiver comme été et par son minimalisme même préserve l’épiderme d’une humidité prolongée.

On les repère de loin, ces tatanes Rrr chtp rrr chtp rrr chtp rrr… Elles sont de toutes les formes, de toutes les couleurs, de tous les types, de toutes les tailles. Brésiliennes, bohémiennes, lilliputiennes ou olympiennes, tressées, plastifiées, à semelles compensées, talonnées, UMPées, publicitaires, autoritaires, balnéaires voire catilinaires. Quem ad finem sese effrenata jactabit audacia ?

__________

* J’ai piqué le dessin à Gotlib. À lui 1000 années de prospérité.

Cette galerie contient 10 photos.

跨年 - Sauter l’année… Joyeuse nouvelle année grégorienne !  Ce moment est souvent un moment un peu dur pour nous, pauvres expatriés éloignés dans une terre très hospitalière des coutumières ripailles gauloises. Pourtant, grâce à quelques parents et amis attentionnés, nous avons réussi à réunir le minimum vital pour se taper la cloche dans les règles …

Lire la Suite

Cette galerie contient 10 photos.

孔廟 – Le Temple de Confucius Passage obligé pour qui va à Tainan. C’est un havre de paix en pleine cité, un lieu de calme, de recueillement et de rencontre. Le premier temple construit à Taiwan au XVIe siècle. Il compte parmi mes endroits préférés à Taiwan avec le Temple de la Montagne du Dragon …

Lire la Suite

Cette galerie contient 10 photos.

Nouvelle année, nouvelles résolutions ! La première : vous partager ces photos qui trainent depuis trop longtemps sur mon disque dur ! Les mois ont passé, mais ce sont bien ces souvenirs de Tainan que je vous fais partager là.  Breizh atao ! Souvenirs bretons… Les marais salants de 井仔腳 avec leurs beaux oiseaux blancs, compagnons d’une journée, les paludiers …

Lire la Suite

riflessioniechiccheartistiche:

Pieter Bruegel l’ancien

Vivre dans un pays dont on ne maîtrise absolument pas la langue c’est faire l’expérience de l’étrangèreté : pour l’Autre je suis et je demeure une étrangère étrange.

Il ne sait pas d’où je viens, ou peut-être le devine-t-il. Pour lui je ne suis qu’un être anonyme de passage dont il ne peut rien savoir, qui ne l’intéresse parfois même pas.

Pourquoi éprouver de la curiosité pour celui qui habite chez vous mais ne peut même pas prononcer une phrase élémentaire dans votre langue ?

Il ne peut pas comprendre ce que je lui dis, je ne peux pas comprendre ce qu’il me dit. Nous nous parlons une langue commune qui n’est ni la sienne ni la mienne, que nous ne connaissons tous les deux qu’imparfaitement, et ne peut donc rendre qu’imparfaitement le contenu de notre pensée.

Du langage nous en sommes donc réduits à la communication.

Nous nous adressons la parole dans une langue dépouillée de sa culture, qui n’est plus qu’un outil. Elle est privée de vie.

Plus que le déracinement, l’incommunicabilité est peut-être l’expérience la plus saisissante que l’on puisse faire.

Mais quand bien même il parlerait ma langue, quand bien même je parlerais la sienne, il y aurait toujours une distance entre nous deux. Et si nous parlions chacun la langue de l’autre ? Et si je parlais toutes les langues de la terre ?

Parler une nouvelle langue c’est s’ouvrir un monde. C’est enclencher un processus de paix par le déracinement volontaire dans un habitat qui n’est pas le mien. C’est se rendre vulnérable pour mieux comprendre. C’est ouvrir ses frontières.

Si “Grandir dans une langue c’est une façon d’apprendre à connaître le monde” comme le dit Gadamer, apprendre adulte de nouvelles langues c’est redevenir enfant et grandir à nouveau pour redécouvrir la même chose différemment.  

Cette galerie contient 10 photos.

Tainan (1) – Enfin, j’ai fait une pause… Habitué au vacarme de la ville, j’ai pu profiter de quelques jours de vacances non loin de Tainan, à la campagne. Sur un petit scooter que l’on m’avait généreusement prêté, j’ai entrepris d’aller jusqu’à la mer. J’ai commencé par aller au village de 鹽水 yanshui, “Eau salée”. …

Lire la Suite

Cette galerie contient 10 photos.

Dans la série : “Je piste les concerts à Taïwan et je prends le train”, je suis parti sur un coup de tête à Miaoli (苗栗). Pour les 100 ans de la République de Chine, le Guomindang (國民黨) avait commandé une pièce éminemment politique à un artiste taïwanais : un opéra sur la rencontre entre Louis XIV …

Lire la Suite

王維 Wang Wei (701-761) - 山居秋暝 Soir d’automne en montagne

空山新雨後     Pluie nouvelle dans la montagne déserte
天氣晚來秋     Air du soir empli de fraîcheur d’automne
明月松間照     Aux rayons de lune s’ouvrent les branches de pin
清泉石上流     Une source limpide caresse de blancs rochers

竹喧歸浣女     Frôlant les lotus passent quelques barques de pêcheurs
蓮動下漁舟     Rires entre les bambous : c’est le retour des laveuses
隨意春芳歇     Ici et là rôde encore le parfum du printemps
王孫自可留     Que ne demeures-tu, toi aussi, noble ami ?

(trad. François Cheng, in L’écriture poétique chinoise, Points Essais)

Cette galerie contient 8 photos.

L’Institut Ricci de Taipei et le mensuel Renlai nous ont convié à une série de concerts de “fusion” pendant l’été dont celui de vendredi était le dernier opus. Tablas, guzheng, piano, contrebasse, sarod et cajon, timbres et clochettes, tambour de basque et pied de micro. Tout y était. Groupes de qualité, auditoire attentif et enthousiaste… …

Lire la Suite

笨老師的第一堂課:
問題:老師,為什麼夏天去星巴克的時候要穿外套?
答案:小傻瓜,因為臺灣人超喜歡開冷氣。
問題:所以呢?
答案:所以,所以,在臺灣很容易感冒!
感謝,笨老師!Aaaaaaïtchaa !

Professeur Dinguo, premier cours.

Question : Professeur, pourquoi faut-il se promener avec un manteau à Taïwan lorsqu’on va au Starbucks l’été ?

Réponse : Petit fripon, mais parce que les Taïwanais adorent l’air con’ !

Question : Et alors ?

Réponse : Et alors, et alors, choper un rhume à Taïwan est d’une simplicité enfantine !

Merci, Professeur Dinguo ! Aaatchââââ !

最近在法國,大部分的人(除了商人)在休息一下。年輕人習慣跟朋友一起到夏令營去,也去海邊、山上或外國去旅行。但是我的感覺就是很多臺灣的年輕人感受不同的習慣…

À l’heure où l’herbe jaunit dans les jardins désaffectés par les familles françaises, parties trouver ailleurs un coin de sable ou un bout de montagne, pendant que les petits français sont sur leur vélo ou devant leur console, beaucoup de taïwanais vivent une tout autre expérience…

我昨天搭捷運,有位高一的學生跟我講話。他問我很多外國人時常會碰到的問題。你從那裡來?法國人是不是很浪漫?法國很漂亮嗎?巴黎呢?然後,我看他穿著制服。所以我問他:“你為什麼穿這樣的衣服呢?你不是在放假嗎?“。他回答我:”暑假還有課“。這幾天,我常常看到學生在寫作業,但是他們很累通常在打瞌睡!太辛苦了。

我已經開學了,每天都教法文。我這一班很好。他們認真學習、很熱情。是所有老師夢想教到的學生!如果下學期的氣氛跟這兩個禮拜一樣,我一定會覺得運氣很好!他們很努力。每天都來跟我學法文。我很佩服他們。

今天早上,我發現我瘦了很多。所以我決定去”Subway”吃美式的食物,好讓我變胖。本來沒有位子,但我在一個媽媽帶著小孩的旁邊找到空位。他們三個吃飯的時候一直在練習英文。不要虛度光陰!

你們一定知道我很喜歡薹灣的食物。不過有的時候我會夢到法國菜:法式香腸在一起跳舞,法國起司一起討論哲學… 有時候麥當勞就像大麻的代替品:溫暖人心但同時帶來罪惡感!那麼,算了!既然我已經吃了麥當勞,所以我又能繼續發表評論!

有一天,我在麥當勞吃牛肉漢堡 (I’m loving it)。然後呢,有個太太跟她的兒子來我旁邊吃Happy Meal。他們兩個在討論開學的事。去哪一間補習班? 晚上怎麼辦?媽媽要選最好的補習班,最好的學校。我住花蓮的時候,家附近有很多補習班跟珍珠奶茶店。小朋友們都到晚上十點多下課才能回家休息。第二天很早又要去上課。很辛苦,不是嗎?

我的童年生活很不一樣。放假的時候到布列坦尼玩水、去鄉下散步、參加各種夏今營、看書,整修百葉窗。什麼都做,就是不用去學校。念書歸念書,假期歸假期。我曾經野心勃勃地想要看完普魯斯特寫的“追憶逝水年華”,或是重讀柏格森的作品,但是美麗的陽光戰勝了“斯萬”跟“少女花“,柏格森的哲理輸給了海灘跟餐前酒!其實我看到薹灣的學生在夏天頂著大太陽去上課,心裡很為他們抱不平,但也許我自己也該這麼努力。

Hier, un jeune collégien m’a abordé dans le métro. Il faut bien pratiquer un peu l’anglais… En fait on a discuté en chinois. Après les questions d’usages, on a parlé scolarité. Pourquoi portait-il un uniforme en plein mois d’août ? Parce qu’il avait des cours supplémentaires et consacrait son été à l’étude. En pratique, ça donne souvent des enfants ou des étudiants assoupis sur les tables des bibliothèques. Mais quand même, le pauvre chou.

Ayant commencé à donner quelques cours à l’Alliance Française, j’ai été béni. Groupe sympathique, sérieux et travailleur, uni et solidaire. Si l’année prochaine est à l’image de ces deux premières semaines, alors je peux me réjouir : cela promet d’être extraordinaire ! Il n’empêche que, comme ces collégiens, mes treize étudiants ont consacré deux mois d’été à apprendre une troisième langue, pour certains juste comme ça. Je suis admiratif.

Ce matin, après avoir constaté que j’avais perdu des kilos en moins, j’ai décidé de retaper mon IMC (celles qui lisent Elle et Cosmo me comprendront) en allant bouffer américain au Subway du coin de la rue. Après avoir lutté pour trouver un siège, j’ai fini par trouver une place à côté d’une maman taïwanaise et ses deux enfants qui… parlaient anglais, sérieux comme des papes. Pratiquer, pratiquer, courir contre le temps.

Vous l’aurez compris, la nourriture taïwanaise bien que délicieuse, n’empêche pas mon sommeil paradoxal d’être peuplé de saucissons qui font la java, de steaks qui sautent à la perche dans une poêle et d’un camembert qui cause philo avec une époisses. À l’étranger, le Mc Do est parfois ce que la méthadone est à l’héroïne : une saloperie qui soulage. Maintenant que j’ai fait mon coming-out ronaldien (whouf, je suis soulagé), on peut passer à la dernière anecdote.

Un jour que je dégustais un cheeseburger dégoulinant de cheddar (I’m lovin’it), une dame et son jeune fils de dix ans sont venus prendre les places à côté de moi. En dégustant un Happy Meal, ils parlaient avenir et rentrée des classes. Il était question d’organiser les soirées du petit après l’école. Il fallait lui trouver la meilleure 補習班 bǔxíbān du quartier, minuter et rentabiliser son temps, ses soirées. Il devait diner avec sa sœur et repasser du temps le soir à étudier. La rue dans laquelle j’habitais à Hualien est remplie de ces bǔxíbān et de petits restaus qui vendent à la pelle ce “thé aux perles”, le 珍珠奶茶 zhēnzhūnǎichá qui fait depuis plusieurs décennies le délice des étudiants. Les enfants en sortaient vers neuf ou dix heures du soir épuisés et rentraient chez eux dormir avant de commencer une nouvelle journée d’étude.

Je vous parle d’un temps que les plus de vingt ans ne peuvent pas connaître. Moi en ces temps là, je faisais des pâtés en Bretagne, des balades dans les marais salants, animais des colos où l’on faisait tout sauf bosser ou alors passais mon été je ne sais plus comment, à lire ou à peindre des volets. J’ai eu un moment le projet ambitieux de m’enfiler la Recherche ou de relire Bergson, mais le soleil a eu raison de Swann et de la Duchesse de Guermantes, la mer et les apéros des données immédiates de la conscience ou des théories lumineuses dudit quidam sur l’intuition. Même petit, les devoirs de vacances ont toujours été un vœu pieux, une lointaine résolution. Au fond de moi, je ne peux pas m’empêcher de plaindre ces jeunes qui passent un été dans la chaleur moite de Taipei à étudier au lieu de faire des randonnées dans les montagnes… même si c’est peut-être ce que j’aurais du faire.

Cette galerie contient 9 photos.

La suite… Un instantané de tai-chi Au fondement des arts martiaux à pratiquer en solitaire, le 氣功 qigong qui est l’art de la gestion du souffle, source de toute vie et particulièrement important dans les spiritualités d’inspiration taoïste. Le tai-chi s’il a bien à l’origine une visée martiale vise par la pratique d’exercices extrêmement lents …

Lire la Suite

Cette galerie contient 2 photos.

Mes étudiants disent : 花蓮:好山,好水,好無聊。 Ce qui en bon français signifie : Hualien : de belles montagnes, la mer et de belles rivières… mais qu’est-ce qu’on s’ennuie ! Il est vrai que le spectacle de la montagne encore endormie et entourée de brume au matin est un des spectacle dont je ne me lasserai jamais tout comme la mer …

Lire la Suite

Cette galerie contient 9 photos.

La fête des bateaux dragons, 端午節 duanwujie en chinois, marque l’entrée dans l’été et a lieu le 5e jour du 5e mois lunaire. C’était le… le ??? Il y a quelques temps déjà ! À l’époque des Royaumes Combattants, Qu Yuan, poète et ministre du roi de Chu se serait jeté dans la rivière déçu de voir …

Lire la Suite

獨有友之業能起。
(利瑪竇,交友論,51)

Seule une entreprise dans laquelle l’amitié a sa place peut prospérer. (Matteo Ricci, Traité de l’amitié, 51)

Le mois de juin est aussi celui de la fin de l’année scolaire, celui où l’on commence à faire ses projets de vacances, un moment familial et privilégié. Assez occupé cette année et tout à Taïwan, je n’ai pas pris le temps de laisser la France me manquer. Ce sentiment étouffé pendant une dizaine de mois revient en force ces jours-ci.

Ce n’est pas la première fois que je me retrouve loin du pays. À Shanghai, j’ai rêvé de saucisson, de bœuf bourguignon, d’une bonne baguette de pain chaud, de brioche vendéenne, de galettes de blé noir, du Forum et ses assiettes de charcut’ dégustées tous les vendredis avec les triumvirs de la CDSSS, d’une bonne bouteille de pinard et de Chimay bleue…

Ici il y a la mer, mais ce n’est pas pareil. Taïwan malgré sa beauté n’a pas la sauvagerie des côtes bretonnes.

L’emploi du temps se relâche et je pense à ma famille et mes amis restés en France, que je n’ai pas vus depuis dix mois déjà ! Quelques photos de jeunes mariés, faire-parts de baptême, adorables têtes de bambins trônent sur mon mur, des cartes postales, des lettres que je relis souvent.

Vous me manquez, tous autant que vous êtes ! Loin de vous, je manque vos fiançailles, vos mariages, vos premiers enfants, des pots interminables, des soirées à refaire le monde, vos premiers jobs… Je pense à mes deux adorables filleuls que je n’ai pas vu grandir, aux premiers pas de Marie et au rire de Maxime.

Ces années en Asie sont capitales, je m’y épanouis pleinement et apprends chaque jour de nouvelles choses, sens sans comprendre une culture qui m’échappe et m’en laisse imprégner. C’est une chance, et un choix. C’est aussi un renoncement.

riflessioniechiccheartistiche:

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;  

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

        Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autre fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Baudelaire, Les fleurs du mal, “Spleen et idéal”, La musique

Cette galerie contient 6 photos.

“Action !” Il y a à Hualien des lieux où l’on ne peut se rendre que si l’on est invité, introduit. Au détour d’une rue tranquille, non loin d’un endroit où je suis passé des milliers de fois, j’ai trouvé une pépite, mon petit café, mon “Café Lumière”. C’est le café où l’on a ses habitudes, …

Lire la Suite

Cette galerie contient 8 photos.

某天下午,在慕谷慕魚 慕谷慕魚又被稱為小太魯閣,我們從位於銅門警局前的小門進入。這裡的觀光客很少,空氣十分新鮮但景色卻很自然。為了慶祝熱浪來襲前的春季,我們舉辦了烤肉活動!!  在之前,花蓮下了一點小雨,所以我很擔心得穿一整天的雨衣,幸好山上的天氣很好! 後來,我們到小溪裡游泳。這天是那麼的美好讓我覺得彷彿到了人間仙境。 Un après-midi à 慕谷慕魚 Mùgǔmùyú Appelé aussi “le petit Taroko”, on y accède en s’enregistrant au poste de police de 銅門 Tóngmén. Les touristes sont assez peu nombreux, le lieu sauvage et l’air pur. Pour fêter le début des grandes chaleurs, un barbecue était de mise ! La pluie menaçait à Hualien …

Lire la Suite

天長地久。
天地所以能長且久者,
以其不自生,故能長生。
是以聖人後其身而身先﹔外其身而身存。
非以其無私邪。
故能成其私。
(老子,道德經,第七章)

Le Ciel dure, la Terre persiste
Qu’est-ce donc qui les fait persister et durer ?
C’est qu’ils ne vivent pas pour eux-mêmes
Voilà ce qui les fait vivre pour l’éternité
De même le Saint met sa personne en retrait
Elle se retrouve au premier rang
Il la met au dehors
C’est ainsi qu’elle est préservée
N’est-ce pas qu’il est sans moi propre ?
Par là même son moi s’accomplit.

(Laozi, Daodejing, § 7, trad. Anne Cheng)

期中…烤肉 同學們在寫期中考。教室裡面有烤腦袋的味道! Barbecue… de mi-semestre Pendant que les élèves planchent sur leurs copies, la classe se remplit d’une odeur de neurones grillées !

Des trois caractères 原 yuán, désignant l’origine ; 住 zhù, habiter, résider et 民 mín, le peuple, le citoyen. C’est le terme entré en vigueur depuis 1994 à la suite d’un amendement constitutionnel.

La plus vieille trace d’occupation humaine à Taïwan est attestée par l’homme de Zhuozhen datée de 30 000 ans avant JC. De nombreux sites archéologiques font état d’une occupation remontant à plusieurs milliers d’années (7000 avant notre ère) par des groupes austronésiens venus par vagues successives. Les diverses tribus aborigènes furent longtemps en conflit avec les diverses forces colonisatrices jusqu’à ce que les politiques du gouvernement central comme l’interdiction de pratiquer leur langue, l’obligation d’apprendre le mandarin, les déplacements de population, les mariages interculturels leurs fassent peu à peu oublier leurs cultures originelles. Aujourd’hui et ce malgré le regain de vitalité des cultures aborigènes dues aux combats sociaux menés depuis les années 80 et aux politiques de discrimination positive, de nombreux jeunes ne parlent plus que le mandarin. Ce phénomène ne concerne d’ailleurs pas uniquement les aborigènes, mais aussi les taïwanais eux-mêmes dont la langue est de moins en moins parlée.

Taïwan reconnaît officiellement 14 groupes sur son territoire : les Amis, les Bunun, les Taroko (Truku), les Atayal, les Kavalan, les Païwan les Puyuma, les Rukai, les Saisiat, les Sakizaya, les D’ao (Yami), les Thao, les Tsu et les Seedeq qualifiés par les arrivants chinois sous le nom de “barbares crus” ou de “barbares cuits” selon leur degré de sinisation ou suivant leur mode de vie, peuples des plaines ou peuples montagnards. Ces divers peuples se sont alliés entre eux selon les circonstances ou ont mené des guerres farouches. Citons les Taroko, fameux coupeurs de têtes ! Certains groupes parlent des langues proches des langues indonésiennes ou des philippines. Les personnes âgées, quant à elles, ne se comprennent entre groupes ethniques qu’avec… le japonais !

Valorisée à des fins touristiques ou instrumentalisée dans une certaine mesure par le DPP (Parti Démocrate Progressiste) pour marquer la différence entre Taïwan et la Chine populaire, la situation des aborigènes de Taïwan reste critique. L’alcoolisme et la consommation de noix d’arek font des ravages et le taux de chômage est largement supérieur à la moyenne. Main d’œuvre non qualifiée, ils subissent la rude concurrence venue des Philippines, d’Indonésie ou de Chine populaire.

J’essaierai de vous livrer au fur et à mesure de mes recherches quelques portraits des us et coutumes de certaines de ses ethnies. Si vous vous intéressez à ces cultures, vous pourrez trouver toute une littérature sur le sujet, par exemple ici, où . Pour ma part, j’ai hâte d’entendre les chants dyphoniques Bunun, semblables par certains côtés aux chants Tuva ou aux mélopées tibétaines. Un prochain voyage dans la région de Nantou s’impose !

中華民國2011年全國原住民活動會。跳舞,運動,好吃的東西!耶! Tournoi national aborigène à Taidong. Au programme, danses traditionnelles, compétitions sportives et découverte des spécialités culinaires du coin !

Cette réputation d’imperméabilité, qu’on a faite à la langue et à la pensée chinoises, est, pour les études sinologiques, le plus grand danger ; ces études ne se poursuivront méthodiquement que si elles cessent d’être l’apanage d’un corps trop étroit de spécialistes ; il convient qu’elles appellent sur elles le contrôle du plus grand nombre possible de gens avertis et renoncent enfin au prestige du mystère. Je me risque donc à pénétrer dans cette caverne sacrée où l’on a logé les idées chinoises — afin de montrer au moins qu’elle n’est pas hermétique, et quitte à n’y être guidé que par une lumière insuffisante.

Marcel Granet, Quelques particularités de la langue et de la pensée chinoises, 1920

Après la tragédie du séisme au Japon, j’ai reçu un certain nombre de messages affolés qui demandaient de nos nouvelles à nous, les taïwanais. Récit.

J’ai appris la nouvelle du séisme au Japon en même temps que l’alerte au tsunami lancée par les autorités de Taïwan enjoignant travailleurs et écoliers à rentrer chez eux. Depuis le cyclone Morakot en 2009 qui avait causé la mort de 600 personnes et occasionné une coulée de boue qui avait englouti un village, les autorités sont prudentes. Ayant une soudaine envie d’aller faire un tour à la montagne, j’ai donc observé des hauteurs cinq cargos qui sortaient du port pour prendre le large. À l’heure dite, la vague attendue ne s’est pas présentée, ni une quelconque réplique sismique. Je ne sais pas si ça peut rentrer en ligne de compte, mais l’océan est particulièrement profond au niveau de Hualien, si bien qu’il est interdit de s’y baigner. Ceci pourrait-il nous protéger d’un tsunami ?

Située le long de la barrière de feu à la jonction de la plaque des Philippines et de la plaque Eurasienne, Taïwan est fréquemment sous alerte et devinez quoi : ces typhons, séismes et autres réjouissances prévues par notre bonne vieille Terre aiment particulièrement Hualien ! Les tremblements de terre que j’ai pu observer pour le moment ne dépassaient pas une magnitude 5. Espérons juste que nous n’aurons pas à faire face d’ici quelques jours à des répliques sismiques ou à un nuage suspect.

Mes prières vont particulièrement au Japon alors que les derniers rapports font état d’une intense activité sismique, une prévision de 10 000 morts et une centrale nucléaire menaçant d’exploser.

我覺得當老師是最好的職業。為什麼?原因是可以放假!所以我一直以為當老師很有趣。可是,放假以後怎麼辦?開學以前大概有一點著急,自己問自己:教學方式好不好?學生覺得法文怎麼樣?老師不會無聊,學生們就可以了!

但開學後就很開心!我覺得學生很認真,超好奇、喜歡學新的東西、總是問我很多問題。他們也進步很多了!另外,我們這學期多迎接三十幾個學生。他們看起來很聰明!寒假再變美成麗得的回憶, 日子在變得比較重要。我現在比較習慣教書,比較習慣中文,所以越來越感覺很舒服。

花蓮真是很漂亮得城市。我發現了很美麗得房子,超漂亮的地方可以去散步,一家日本式的書店可以去學習。還有星巴克,星巴克的咖啡,星巴克的音樂我聽得受不。其實星巴克真看起來像太美式的,我比較喜歡薹式的差點 !

新的學期,新的學生,新的見面,新的事情,新的發現!聽起來很棒,不是嗎?

Le principal avantage de l’enseignement, me disait quelqu’un que je connais comme s’il m’avait fait, c’est les vacances. Effectivement, c’est pour cela que la profession m’a toujours paru éminemment intéressante. Cependant, la tension monte toujours un peu avant la rentrée : les méthodes de travail sont-elles les bonnes ? les cours plaisent-ils aux étudiants ? S’il est dur pour un professeur de s’ennuyer, c’est toujours plus facile pour son public !

Mais passés les premiers instants de déprime, on se lance dans un nouveau semestre, et les vacances deviennent un heureux souvenir alors que la vie quotidienne nous absorbe de plus en plus. La bouteille venant en enseignant, et l’oreille commençant à s’habituer aux sonorités chinoises, je suis de plus en plus à l’aise. Ainsi, j’ai retrouvé avec grand plaisir mes étudiants pour ce nouveau semestre. Les groupes ont un peu changé, certains sont partis, les meilleurs sont restés, une trentaine de petits nouveaux sont arrivés et m’ont l’air bien parti pour crever le plafond.

J’ai découvert également Hualien sous un jour nouveau. De jolies maisons cachées dans des petites rues, des endroits un peu reculés où il fait bon se promener et une librairie vieillotte construite dans le style japonais où je peux m’arrêter travailler. Il y a aussi l’habituel Starbucks avec son café Starbucks et son jazz Starbucks que je ne supporte plus. Tout est trop américain, je préfère de loin les maisons de thé taïwanaises !

En bref, nouveau semestre, nouveaux étudiants, nouvelles rencontres, nouvelles occupations, nouvelles découvertes. Ça cartonne non ?