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2013snake1Le dragon s’en est allé. Nous sommes entrés depuis quelques jours dans l’année du serpent, placé cette année sous le signe de l’eau. S’il est le symbole du mal et de la Chute en occident (Adam et Eve en ont fait les frais), le serpent n’est pas aussi mal considéré dans la culture chinoise. Animal à dominante yin, il est réputé pour sa sagesse, sa droiture, son honnêteté, sa sagacité et sa persévérance. C’est aussi un penseur profond, voir génial. En société un séducteur, magnétique et charmant. Peu loquace, il cache derrière un silence apparent une grande tension intérieure. Une certaine méfiance.

En bref, un serpent peut être un bon copain, un peu obsessionnel mais fin stratège et bon conseiller. Alors bonne année du serpent ! Sauf pour les cochons, selon l’astrologie chinoise, ça devrait être leur fête…

Demain c’est dictée. Joie dans les chaumières. Alors que mes copains japonais vont taper un carton, je vais encore m’emmêler les pinceaux.

Mon oncle, grand érudit pénétré de textes classiques et de sagesse chinoise m’a dit un jour qu’il fallait écrire. Écrire ? Écrire ! Mais comment ?

  • Règle n°1 : maîtriser l’ordre des traits
  • Règle n°2 : connaître les clefs
  • Règle n°3 : écrire des phrases non pas des mots
  • Règle n°4 : accepter de s’astreindre à cet exercice quotidiennement

Le pianiste fait ses gammes, le basketteur fait des trois points, le calligraphe calligraphie. Si la tête oublie (et elle oublie !), le corps se souvient. La mémoire vient du corps, les chinois précèdent Bergson de 3000 ans.

En lisant, on ne prête pas assez attention à la composition des caractères. L’écriture permet d’accéder à une autre dimension de la culture chinoise. Il y a une mystique des caractères, une vision du monde qui s’exprime à travers ces éléments réunis pour exprimer avec une merveilleuse concision une idée, un concept ou une réalité concrète.

En mettant les deux pieds dans le plat, je dirais qu’apprendre le chinois à Taïwan est une chance. Comme vous le savez sans doute, Taïwan a gardé les caractères traditionnels qui ont été simplifiés de l’autre côté du détroit. C’est un casse-tête pour tous les étudiants, taïwanais comme étrangers : trop de traits. Mais pourtant…

L’esthétique mise à part, les caractères dits “compliqués” (de fait, la lecture des journaux en chinois rendrait myope un pilote de chasse) permettent de faire entrer en résonance les éléments composant les caractères mieux que les simplifiés et préservent la logique de la langue.

Les traditionnels font la différence entre 麵 mian, les nouilles et 面 mian, la face. Sur le continent les deux s’écrivent 面… La différence, c’est la clef du blé. Je n’ai compris qu’à Taïwan que les nouilles n’avaient aucun rapport avec la face. Ahem…

Avec une certaine pratique, on finit par retrouver les mêmes éléments dans des caractères très différents. Le cerveau humain, dans son infinie complexité se charge alors lui-même d’établir des parallèles. Et parfois, c’est l’illumination, ce qui rend l’étude du chinois intellectuellement très stimulante.

Voilà bientôt un mois que j’ai repris les cours à l’université et je me souviens de cette parole de mon oncle : “Apprendre le chinois, c’est comme rentrer dans les ordres”. À méditer…

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Cette année du Dragon s’annonce sous les meilleurs auspices ! Je vous souhaite donc à tous une magnifique, joyeuse, prospère, lucrative, extraordinaire, ébarnouflante, voire bouleversifiante nouvelle année lunaire !

恭喜發財 ! (inclination)

L’homme du XXIème siècle dispose, technique aidant, d’outils formidables pour apprendre le chinois dont au moins une quarantaine de générations a du rêver. M’étant battu à Shanghai pendant huit mois avec un téléphone de seconde zone, j’ai opté en arrivant à Taïwan pour l’Iphone, et je ne le regrette certainement pas ! Il faut dire que 蘋果公司 píngguǒgōngsī, l’entreprise à la pomme pour les 宅男 zháinán, geeks initiés) a dans le domaine des applications pour smartphones une avance assez confortable.

Pour bien apprendre le chinois, il faut un bon stylo, du temps devant soi… et un bon dico. Après plusieurs jours de prospection, je me suis fait conseiller l’application Pleco qui est devenue ma compagne, presque ma maîtresse. C’est une sorte de meta-dictionnaire multi-fonctions, le couteau suisse de “l’apprenant” en chinois.

En bref : fabuleusement ergonomique, sept dictionnaires, plus de 200 000 entrées, les caractères simplifiés et traditionnels, un programme de flashcards permettant de classer le vocabulaire à apprendre par catégories, et de se tester soi-même (tons, définitions, ordre des traits…), une fonction “reader” intégrant ce qui a été mis dans le presse-papiers auparavant, un OCR (logiciel de reconnaissance de caractères). Évidement, les recherches se font toutes seules si bien qu’il n’est pas nécessaire de naviguer entre les dictionnaires.

Un peu de visuel pour la route :

  • Fonction recherche en caractères, en pinyin et en anglais dans les sept dictionnaires :

  • Fonction recherche digitale, explication de l’interface :

Première photo, en haut : A chaque couleur correspond un des quatre tons chinois. A gauche les caractères traditionnels utilisés à Taïwan, à droite les caractères simplifiés utilisés en Chine continentale. En bas de gauche à droite : le nom du dictionnaire utilisé, utile pour passer d’un dictionnaire à un autre ; une commande permettant de choisir les caractères simplifiés ou traditionnels ; le “+” permettant de rajouter le mot dans la catégorie de flashcards programmée ; le(s) caractères prononcés ; le bouton de menu. Seconde photo : le logiciel de reconnaissance digitale développé par Pleco est supérieur à celui développé par Apple est très pratique lorsqu’on ne connait pas la prononciation !

  • Les fonctions spéciales, respectivement : “Flashcards” (en mode examen par tons), le “Pasteboard reader” (lecteur de contenu presse-papier) et “OCR” (reconnaissance de caractères) :

Seuls inconvénients : l’anglais, toujours l’anglais, pas toujours pratique pour les français qui veulent apprendre les langues étrangères, et le prix un peu élevé. L’application est gratuite, et certains dictionnaires gratuits sont disponibles (comme la base de données CCdict), seulement, le total des fonctions coûtera dans les 80€ : il y a une réduction pour les profs et les étudiants en mandarin ! Pour ceux qui apprennent le chinois en France, qui ont HSK 3 ou moins, ou qui sont parachutés trois ou six mois en stage dans le monde chinois, l’application gratuite et la base CCdict vous comblera. Pour ceux qui veulent apprendre plus sérieusement qui sont dans le monde chinois pour un temps long ou qui doivent travailler en chinois, cette application deviendra vite indispensable. A tout prendre, elle est même moins chère que les petits traducteurs Besta et autres que l’on trouve dans le commerce, qui sont assez peu pratiques à utiliser.

Sans compter que le programme de flaschcards est extrêmement complet et que l’OCR est fantastique. Je rentre après chaque leçon tous les mots de vocabulaire de ma méthode sous forme de flashcards, et les passe en boucle. fini les feuilles de papier bristol que je baladais dans mes poches !

Pleco est disponible sur iPhone, iPad et Pocket PC. Testez, et voyez !

Ca a toujours un petit côté Orwellien...La culture occidentale, en particulier la culture de masse américaine s’est répandue à travers le monde et le marque durablement de son empreinte anéantissant au passage les cultures particulières pour les fondre dans un ensemble tristement uniforme.

Je n’ai jamais été fasciné par Shanghai, autrement que superficiellement, par son gigantisme, la profusion de ses gratte-ciels, et la vie tourbillonnante qui saisit le nouveau venu dès l’arrivée à l’aéroport. Réussite économique de la Chine, très certainement, mais à quel prix ! À Shanghai, les banques ont remplacé les temples et les billets rouges ou verts à l’effigie de Mao se sont substitués au papier-monnaie que l’on fait brûler pour rendre hommage aux morts[1]. Ville cosmopolite résolument tournée vers l’occident, il lui manquait quelque chose, une profondeur, une âme peut-être. Je lui ai préféré Pékin, ses immenses parcs, le quartier des lacs, les vieux pékinois et leur douceur de vivre. Pourquoi ?

Il existe je pense un complexe asiatique problématique vis à vis de l’occident et de ses standards culturels (idées fondamentales, modes, habitudes) particulièrement prégnant à Shanghai. Si la fascination pour l’apport technique occidental est une réalité, elle doit trouver une limite dès lors qu’elle touche de trop près au culturel. L’intellectuel chinois Gu Hongming 辜鴻 銘 a résumé en quelques belles phrases l’idée selon laquelle le technique n’en n’est toujours qu’un épiphénomène. Mais écoutons-le plutôt :

Il me semble que, lorsqu’on veut estimer la valeur d’une civilisation, on ne doit pas considérer si elle a construit ou si elle peut construire de grandes cités, de magnifiques maisons, de belles routes, si elle a su imaginer des meubles beaux et confortables, inventer des outils et des instruments utiles et ingénieux. On ne doit même pas s’attacher aux institutions, aux arts et aux sciences qu’elle a créée. Ce qu’il faut examiner avant tout, c’est le type d’humanité qu’elle a su produire, le caractère des hommes et des femmes qu’elle a formés. Seul, l’être humain, l’homme aussi bien que la femme, révèle l’essence, la personnalité, l’âme de la civilisation dont il est issu. J’ajouterai que le langage parlé par cet être humain révèle son essence, sa personnalité, son âme[2].

Pour lui, l’Occident n’avait réussi qu’à produire qu’une jeunesse mal élevée, dont les mœurs dissolus contaminaient ensuite les étudiants partis étudier à l’étranger. C’est assez compliqué pour nous de se rendre compte du formidable bouleversement qui a secoué la Chine au début du XXème siècle à la chute de la dynastie Mandchoue. L’empire étant tombé, les idées nouvelles s’engouffrèrent dans un édifice culturel déjà vacillant ; certains coupèrent leur natte puis leurs cheveux[3] et portèrent le chapeau melon, imitèrent les modes occidentales en quittant la robe pour le complet veston. Les universités bruissaient des nouvelles idées occidentales, dont étudiants et professeurs s’emparaient et se lançaient dans des débats passionnés. Ce fut un véritable choc intellectuel, moral puisqu’il ébranla les fondations traditionnelles posées par la pensée confucéenne. Tout ce qui était occidental était accepté comme tel, comme quelque chose de nouveau dans une société corrompue qui avait semble t-il besoin d’un nouveau souffle.

Une question me travaille et sous-tend ma présence dans le monde chinois depuis mon séjour à Shanghai, et mon arrivée ensuite sur le sol taïwanais : comment une civilisation plus de quatre fois millénaires a t-elle pu passer en moins d’un siècle d’une conception cyclique du temps[4], donc plutôt traditionnelle à une conception linéaire et donc progressiste ? En un siècle, près de trois millénaires de civilisation ont été gravement altérés au nom d’une nouvelle idée de l’homme, d’un progrès illusoire et d’un conflit entre modèles économiques. Qu’est ce que le progrès si l’homme est coupé au passage de ce qui constitue son identité ? L’humanité ne peut être hors-sol. Cette tristesse peut être unanimement partagée je crois par beaucoup vivant au XXIème siècle. En aucun siècle la froide raison ne s’est plus acharné contre la culture au nom de la construction d’une culture qu’au XXème siècle. Que tout ce que l’on peut détruire soit détruit, disait-elle, et que le reste soit transformé en Musée, c’est à dire vitrifié, figé, privé de vie ou de substance. Aujourd’hui, l’Homme Moderne, homo economicus erre dans un parc d’attractions, sans but et sans racine, perdu. De quel sorte d’humain la culture occidentale moderne a t-elle accouché ? D’un Européen hors-sol, privé de ses fondations chrétiennes au nom d’une liberté illusoire. Il a mué, mais sa nouvelle peau est déjà corrompue.

Gu Hongming oppose au bellicisme des occidentaux, ce qu’il appelle la « Religion des devoirs du citoyen », norme sociale très forte d’inspiration confucéenne mais qui a permis à l’Empire de se constituer, et de subsister. Elle repose d’abord sur la famille, puis sur la loyauté envers l’Empereur. Ce consensus de fait, forçant tout être à se plier à une norme juridique et morale est le principal garant de la paix à l’intérieur des frontières. Ce qui fait la force de la civilisation chinoise dit-il, ce n’est pas le commerce, les richesses, non plus sa puissance technologique, c’est tout simplement le Chinois, avec son humanité et sa loyauté indéfectible, car « c’est un être qui observe l’ordre sans qu’il en coûte rien ou presque rien au monde ». Transformez le Chinois, faites-lui singer les manières occidentales, et il deviendra servile, se battra et aura besoin de « sergents de ville » pour le tenir en bride.

Les chinois[5] ont toujours eu la conscience forte d’être les dépositaires d’une culture supérieure. La profondeur de leur système de pensée, la délicatesse de leurs manières, l’étendue de leur goût, ainsi leur art de vivre le laisse facilement deviner. Quiconque a fréquenté un tant soit peu des chinois dira que la civilisation chinoise a su produire un type d’homme dont la délicatesse est le trait principal. La force des Chinois, c’est le 仁 rén, la vertu d’humanité, leur gentillesse. Apprendre, chez Confucius, c’est apprendre à faire de soi un être humain[6] : « L’homme de bien 君子jūnzǐ connaît le Juste, l’homme de peu 小人xiǎorén ne connaît que le profit » (Entretiens, IV, 16). Je redonne la parole un bref instant à Gu Hongming :

Par le mot gentil, j’entends l’absence de dureté, d’âpreté, de rudesse ou de violence, de tout ce qui peut vous blesser. Il y a, dans le type chinois d’humanité, cet air de douceur tranquille, mesurée, retenue qu’on trouve dans une pièce de métal bien trempé. Aussi, les imperfections physiques et morales du véritable Chinois sont-elles, sinon rachetées, tout au moins atténuées par cette « gentillesse ». Le véritable Chinois peut être ignorant, mais il n’y a pas de grossièreté dans cette ignorance. Le véritable Chinois peut être laid, mais il n’y a pas de hideur dans cette laideur. Le véritable Chinois peut-être vulgaire, mais il n’y a rien d’agressif dans cette vulgarité. Le véritable Chinois peut être stupide, mais il n’y a rien d’absurde dans cette stupidité. Le véritable Chinois peut être astucieux, mais il n’y a pas de méchanceté profonde dans cette astuce. Même dans les défauts de son corps, de son esprit, de son caractère, il n’y a rien qui puisse vous révolter. Il est très rare de rencontrer un véritable Chinois de la vieille école, et même du type le plus bas, qui soit positivement répugnant.

De nos jours, et parce que les concepts qui servent à mesurer les différences entre les pays sont essentiellement occidentaux et économiques ou techniques (la notion de pays en développement notamment) et valent comme norme, on ne laisse plus aucune place à la culture sinon sous forme d’événements ponctuels. Vouloir la mondialisation, c’est vouloir que le monde entier devienne un parc d’attractions dans lequel l’occidental type pourra se sentir à l’aise sans rien changer à ses habitudes, son confort. C’est vouloir que tout le monde parle anglais, c’est vouloir que la Démocratie vaille comme norme politique ultime, que chaque ville ait son Starbucks ou son Mac Do, qu’au fond de la jungle Thaïlandaise on puisse boire son Coca-Cola. C’est penser au font que la mort de la culture et l’alignement systématique de tous les systèmes culturels, politiques, moraux sur les critères qui sont les nôtres constitue un Progrès et une finalité inéluctable du genre humain.

Certains universitaires ont souvent contribué par leur ignorance au mépris occidental pour la civilisation chinoise. Il faut reconnaître que sortis du gongfu et des vieillards à barbe blanche qui, privés de la raison occidentale en sont réduits à prendre des banalités pour des pensées profondes, notre connaissance ne va pas loin. Ces clichés sont répandus, j’en veux pour preuve les propos d’un de mes professeurs de philosophie qui ne peut pas pécher par son manque de pensée catégorique puisque c’est un spécialiste de Kant, et qui a éradiqué d’un trait fulgurant la pensée chinoise de son champ intellectuel en nous disant : « de toute manière, ils n’ont pas l’être »… Son parti pris idéologique aurait bien fait rigoler François Jullien ! Nous ne connaissons pas la Chine et voulons à grand renfort de protestations, de manifestations et de prinobélisations lui imposer nos critères propres. Après lui avoir offert le communisme sur un plateau d’argent, qui a été un fléau mondial et un échec total, nous voudrions la forcer à devenir démocrate ! Cet empressement porte en lui même quelque chose de suspect.

Je ne déplorerais pas la présence de l’Occident en Asie si nous pouvions faire partager ce que nous avons de meilleur. Malheureusement, l’inculture de masse que nous diffusons aujourd’hui au nom du sacrosaint Progrès est d’un vide abyssal. J’ai honte que mes étudiants me citent Taxi avant Cyrano de Bergerac, Sagan avant Proust, Derrida avant Lévinas ou Bergson[7]. J’aimerais parfois que cette soif d’apprendre qui caractérise les chinois s’accompagne d’une distance critique quant aux idées actuelles de l’occident, et d’une conscience positive de soi. Il est hors de question que nous leur refilions nos maladies civilisationnelles, à commencer par celle du désenchantement du monde.

Je fais partie de ceux qui pensent que la civilisation chinoise peut apprendre beaucoup au monde actuel, que le modèle dans lequel je vis depuis ma naissance n’est pas l’unique, qu’il n’est pas dans la vocation du monde de devenir un super-village démocrate. J’en fais l’expérience tous les jours. Cette humanité chinoise n’est pas une politesse superficielle et hypocrite, elle est l’authentique expression de siècles et de siècles de confucéo-taoïsme. Je pense qu’il doit émerger une génération de chinois qui au nom de leur civilisation disent à l’Occident quels sont ses excès et lui opposent un autre modèle (qui soit autre qu’un supersocialisme supercapitaliste). La Chine et Taïwan comptent bon nombre de savants et d’intellectuels que nous devons entendre, et qui doivent se faire entendre.

La prochaine fois, j’aborderai le sujet des caractères chinois. Faudra t-il que les chinois se plient à la latinisation ? Je suis sur que vous connaissez mon pont de vue…


[1]Gainsbourg n’a rien inventé, et faire brûler du papier-monnaie est une coutume très ancienne. Se retrouver entre copains pour boire un coup aussi d’ailleurs, sauf qu’un chinois n’arriverait pas saoul comme une barrique sur un plateau télé !

[2]Gu Hongming, L’esprit du peuple chinois, 1915

[3] Les chinois les portaient longs avant que les mandchous ne leur imposent la natte. Imposer aux chinois de se couper les cheveux constituait une humiliation terrible.

[4]Voir Lin Yutang, My country and my people.

[5]Le terme de « chinois » désigne ici le monde chinois comme ensemble géoculturel. La situation politique taïwanaise est assez complexe, et fera l’objet d’un autre article lorsque j’y verrai plus clair.

[6] Zheng Zai (1020-1078), penseur confucéen du début des Song

[7]Dans une grande librairie à côté de la Tour 101 à Taipei, la pensée de gauche, Foucault, Deleuze, Derrida occupent une place démesurée par rapport au reste. Du jamais vu chez Gibert ou à la Fnac Montparnasse. Un livre de Bergson, un de Lévinas, foin de ceux qui les ont précédés…

Qui ne parle pas chinois peut s’exprimer en 啊aaa et se faire comprendre du premier autochtone venu. Exercice pratique :

  • Exprimez la surprise (啊 !),
  • l’interrogation, sourcil froncé (啊 ?),
  • le mécontentement (啊…),
  • l’hilarité (啊啊 !),
  • la compréhension fulgurante d’un concept (啊,我明白了 ! Aaah, wo mingbai [1] le, Eurêka, j’ai trouvé / Bon sang mais c’est bien sur !
  • L’affirmation ou la confirmation de quelque chose (啊!?!)
  • La joie (啊,我吃饱了 ! aaah, wo chi bao le ! Ben mon vieux, j’ai bien mangé !)
  • La colère interrogative, prendre un accent guttural (啊 ?)
  • La compassion envers un être souffrant (啊…)

Dans une prochaine rubrique, je vous ferai la liste des onomatopées chinoises qui sont légion et d’autant plus drôles qu’elles s’écrivent idéographiquement.


[1] Prononcer “minngbaille”

你好!Voici l’occasion de remettre au goût du jour une série commencée lorsque je vivais à Shanghai, visant à partager à mes compatriotes certaines notions communes touchant de près l’art de vivre et les mœurs chinois…

L’oreille du néophyte est toujours à la traîne. Avec l’habitude, elle finit cependant par saisir quelques mots qui détonnent comme un coup de canon et procurent l’agréable satisfaction d’être devenu un peu moins bête. Ce petit glossaire des concepts utilisés fréquemment en Chinoisie a pour fin de vous aider à vous repérer dans les méandres de la culture chinoise, des fois qu’il vous prendrait l’envie d’y faire un tour…

N’étant pas un type organisé, j’ai préféré l’ordre anarchique à celui alphabétique, que les scientifiques m’excusent.